lundi 13 avril 2015

Hasan Cemal est-il un clown ?

"Arménie : mon grand-père, ce génocidaire
L' ObsPar L' Obs

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Publié le 04-04-2015 à 17h57

Le centenaire des massacres va donner lieu à des cérémonies dans le monde entier. Hasan Cemal est le petit-fils d'un génocidaire : il assume le passé sombre de la Turquie. (...)

L'évolution de cet intellectuel de 71 ans est d’autant plus remarquable que l’histoire de sa famille se confond avec les pages les plus sombres de son pays. Il est le petit-fils de Djemal Pacha, l’un des trois dirigeants du gouvernement nationaliste des Jeunes-Turcs qui planifia l’anéantissement des sujets arméniens de l’Empire ottoman. A ce titre, son aïeul est considéré comme l’un des responsables de leur extermination pendant la Première Guerre mondiale."

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20150331.OBS6074/armenie-mon-grand-pere-ce-genocidaire.html

Ara Sarafian, entretien avec Vincent Lima (traduction en français de Georges Festa), The Armenian Reporter, n° 66, 31 mai 2008 :

"A mon avis, la véracité du génocide est bien établie, mais il existe certains aspects importants des événements de 1915 que l’on peut questionner. Tout dépend de ce que vous demandez et comment vous le demandez. Par exemple, l’on peut débattre du rôle de Djemal Pacha et se demander s’il participa réellement à ce triumvirat du Comité Union et Progrès qui mit en œuvre le génocide. J’ai de sérieux doutes et la question peut être débattue. Les officiels ottomans tentèrent-ils de détruire chaque Arménien dans l’empire ottoman en 1915 ? Pas nécessairement, et la question peut être débattue."

Hilmar Kaiser, cité dans "Historian challenges politically motivated 1915 arguments", Todayszaman.com, 22 mars 2009 :

"Laissez-moi vous dire quelque chose de plus radical : une personne qui a sauvé la plupart des Arméniens durant la Première guerre mondiale n’était personne d’autre que Cemal Pacha. Et cela n’a pas été discuté jusqu’ici en raison du fait que nous avons un ensemble de problèmes politiques avec tout cela et notre champ est vraiment inondé par les avocats politiques qui sont moins des historiens qu’ils sont des fabricants d’opinions. Nous avons des rapports d’officiers de la marine allemande qui étaient à l’état-major du Pacha parce qu’il était aussi ministre de la marine. Parfois, quand il était témoin de mauvais traitements sur des déportés, il ordonnait de pendre le responsable, il n’attendait même pas que ce soit fini. Il y a beaucoup, beaucoup de témoignages arméniens d’ailleurs à ce sujet, dans leurs souvenirs. Toutefois, il ne faut pas être trop romanesque là-dessus."

Hilmar Kaiser, "Regional Resistance to Central Government Policies : Ahmed Djemal Pasha, the Governors of Aleppo, and Armenian Deportees in the Spring and Summer of 1915", Journal of Genocide Research, volume 12, n° 3-4, septembre-décembre 2010 :

"To be sure, some authors emphasize a degree of dissent within the CUP over strategy. Raymond Kévorkian argued that Ahmed Djemal considered breaking with the CUP and establishing an independent power base in Syria. Since such ambitions would depend on the cooperation of the Entente powers, Djemal treated Armenian deportees better than other CUP leaders in order to use them as a bargaining chip. Moreover, he supposedly wished to use the Armenian labour force and, perhaps, to dispose of his victims after having exploited them.

Despite such nuances, the paradigm cannot explain why a large number of Armenian deportees survived in the so-called settlement areas within the 4th Army region. This neglect by scholars is surprising because Western diplomatic correspondence as well as Armenian and Turkish memoir literature formed an important source of information upon which most of the current literature is based. These sources provide a wealth of details, including a number of 4th Army documents, about opposition by Ahmed Djemal Pasha against Ottoman central government policies concerning Armenians. This data might have been utilized for a more careful analysis. For instance, in the case of [Krikor] Zohrab’s murder Djemal secured the arrest and execution of the two main perpetrators who were important CUP operatives. Thus, both the notion of a government cover-up and the idea that Ottoman military and political leaders were acting according to a well-coordinated conspiracy require revision." (p. 174-175)

"Raymond H. Kévorkian, 'Le sort des déportés dans les camps de concentration de Syrie et de Mésopotamie', Revue de d’histoire arménienne contemporaine, Vol 2, 1998, p 59. 'Son opposition semble plutôt relever d’une certaine rationalité militaire, consistant à profiter de la force de travail des déportés arméniens avant de songer à les liquider'. Raymond H. Kévorkian, Le genocide, p 840. Kévorkian ignored, however, evidence on Djemal’s action that contradicted such claims. Hilmar Kaiser, At the Crossroads of Der Zor. Death, Survival, and Humanitarian Resistance in Aleppo, 1914–1917, in collaboration with Luther and Nancy Eskijian, (Reading : Taderon Press, 2001), pp 54, 61." (p. 210, note 6)

Voir également : Cemal Paşa (Djemal Pacha), figure majeure de l'arménophilie turque