samedi 11 avril 2015

La "Grande Arménie" (Miatsial Hayastan) à l'épreuve des faits démographiques

Y. Z., "Problèmes de la politique mondiale", La Nation (Revue suisse hebdomadaire d'informations impartiales et de documentation), n° 74, 27 octobre-2 novembre 1918 :

"La situation de la Turquie est tout aussi grave car il est à craindre que ce soit elle qui supportera les frais de la guerre. L'Angleterre s'est assuré une situation prépondérante dans toute l'Arabie ; ses armées occupent Bagdad et une grande partie de la Syrie ; comme ces contrées lui conviennent stratégiquement et politiquement, il n'est pas à prévoir qu'elle les rende, si elle n'y est pas forcée. De son côté, la France débarque des troupes à Beyrouth, principal port de la Syrie, et on apprend que, par un arrangement pris déjà avant la guerre, toute la Syrie a été partagée en deux zones d'influence par les intéressés, le Nord revenant à la France, le Sud à l'Angleterre, Haïfa étant le point de séparation des deux zones. Il est aussi à supposer que les Alliés donneront suite, s'ils le peuvent, à l'idée de créer une Arménie indépendante, qui sera la source d'innombrables conflits, car, dans la plus grande partie de ce que l'on appelle l'Arménie, Turcs, Kourdes et Arméniens sont mélangés, comme en Macédoine les Bulgares, les Serbes et les Grecs, de sorte qu'il y aura toujours une partie de la population qui se sentira opprimée. Les Détroits doivent être internationalisés, disent les Alliés, donc de la souveraineté turque, doit subir une limitation et comme, d'autre part, Grecs et Italiens (ainsi que les journaux officieux nous l'apprennent) se disputent déjà maintenant la possession de la côte occidentale et sud de l'Anatolie, il ne restera donc rien à la Turquie d'avant la guerre, car il est certain qu'on trouvera aussi un prétexte pour chasser les Turcs d'Europe, comme les Alliés l'ont prévu dans leur première réponse à Wilson. Ce partage ne contentera qu'une partie des habitants de ces régions, car les diverses races, turque, grecque, arménienne, etc., vivent complètement enchevêtrées partout, bien que ne s'assimilant pas réciproquement, et il sera matériellement impossible d'appliquer à leur égard le principe de la libre disposition des peuples."

Voir également : L'absurdité pernicieuse des nationalismes grand-grec et grand-arménien

Le contexte de l'émergence du nationalisme et du terrorisme arméniens

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Histoire des Arméniens dans le Caucase : un bilan du nationalisme épurateur arménien jusqu'en 1921

Une épuration ethnique nommée "arménisation"