mardi 21 avril 2015

Mustafa Tchokay : "Entre Arméniens et Musulmans"

Mustafa Tchokay (intellectuel kazakh), "Entre Arméniens et Musulmans", Orient et Occident, n° 13, 15 janvier 1923, p. 62-71 :
C'était en janvier 1920, pendant mon séjour à Tiflis. Un publiciste arménien que j'avais connu très intimement au Turkestan et à St-Pétersbourg vint me trouver pour me demander mon concours en vue de mettre en contact avec les kémalistes un groupe de politiciens arméniens désireux de rétablir, par des négociations directes, des relations normales entre les deux peuples voisins.

Comme j'attachais une importance exceptionnelle à cette nouvelle tendance qui se faisait jour dans les milieux politiques arméniens, je m'empressai de me déclarer disposé à servir de mon mieux cette tentative de rapprochement entre Turcs et Arméniens. Mon interlocuteur me fit entendre que le groupe de politiciens arméniens au nom duquel il était autorisé à causer avec moi comprenait un nombre important de députés au Parlement arménien et que certains de ses membres étaient désignés comme des candidats à différents portefeuilles ministériels, ce qui devait être une preuve du sérieux de la démarche. J'appris également que ce groupe était d'ores et déjà décidé à exclure des conversations en vue le sujet de la « Grande Arménie », car il estimait qu'une « Grande Arménie » aurait exigé des Arméniens des ressources matérielles trop considérables qui auraient placé pour toujours l'Arménie dans la dépendance absolue d'une quelconque des puissances protectrices, sans compter qu'il en serait résulté une hostilité perpétuelle entre Turcs et Arméniens.

A cette époque Moustafa Kémal pacha n'était qu'un « général rebelle » et nul, sauf les kémalistes, ne croyait au succès de sa « folle aventure ». Fort rares étaient ceux qui comprenaient alors que le mouvement commencé au cœur de l'Anatolie ne pouvait être réprimé ni par les troupes du « sultan captif », ni par les Grecs qui, dans leur folle manie des grandeurs, avaient assumé le rôle aussi ingrat qu'inélégant d'huissier. Fort rares étaient ceux qui s'étaient rendu compte que la vraie Turquie était en Anatolie, c'est-à-dire là où était levé l'étendard de la lutte pour l'indépendance nationale. Mon interlocuteur arménien me fit également part des craintes qu'inspirait dans certains milieux de la société arménienne, la ligne de conduite de la délégation arménienne qui dans la lointaine Europe oubliait la proximité géographique de la masse compacte du peuple turc. Nous convînmes d'aller ensemble à Bakou où se trouvaient quelques kémalistes. Je savais bien que Bakou n'était qu'un poste de transmission et que pour des pourparlers sérieux il aurait fallu aller en Anatolie. Mais le voyage à Bakou était indispensable pour les démarches préparatoires. Là nous pouvions obtenir des informations exactes sur les dispositions des kémalistes envers la République arménienne et sur la possibilité de se rendre le cas échéant en Anatolie.

Je fis part du but de mon voyage à deux de mes collaborateurs pour les affaires du Turkestan. Non seulement ils approuvèrent mes intentions mais encore ils se déclarèrent prêts à les seconder.

Il était entendu avec mon compagnon de voyage arménien qu'à Bakou j'aurais été censé avoir eu l'initiative de ces conversations turco-arméniennes, ceci, afin d'assurer l'égalité des deux parties et que l'une d'elles, c'est-à-dire que les Turcs, ne puisse pas dire que l'autre partie était réduite à chercher une rencontre. Je me suis conformé ponctuellement à cette condition. Il était également entendu que nous ferions participer à nos pourparlers un des ministres socialistes de l'Azerbeïdjan. Le choix d'un socialiste était motivé par le fait que, vu le caractère des relations entre Arméniens et Azerbeïdjanais, seuls les représentants des partis socialistes pouvaient se permettre de parler de la communauté des intérêts des masses arméniennes et musulmanes et ceci, il faut l'avouer, plutôt par discipline de parti que par un affranchissement sincère des tendances nationalistes.

Vers la mi-janvier nous arrivâmes à Bakou. Le lendemain même de notre arrivée je me rendis chez Ahmed Djevad bey Pépinof, ministre du Travail de l'Azerbeïdjan. Dans un long entretien je lui exposai mon projet de préparer une entrevue entre Turcs et Arméniens. Pépinof se déclara très favorable à ce projet et nous proposa aimablement son appartement où nous pourrions nous réunir librement.

Le Dr Fouad, sur lequel je comptais plus particulièrement étant donné sa qualité de représentant autorisé de l'Anatolie à Bakou était absent. Pour ne pas perdre de temps nous décidâmes de nous entendre avec Beha Saïd bey et avec un autre Turc qui était à Bakou, comme instituteur mais qui en réalité était un des représentants officieux des milieux kémalistes.

A l'heure fixée nous nous rencontrâmes chez Pépinof qui exposa aux Turcs le but de mon voyage. Beha Saïd bey et son compagnon approuvèrent mon idée mais en même temps ils exprimèrent leur doute de voir les Arméniens consentir à des pourparlers directs avec les Turcs.

« Les Arméniens sont soutenus contre nous par toute la chrétienté, dit Beha Saïd bey, et ils escomptent l'aide militaire de l'Europe et de l'Amérique. Nos chefs seront prêts à entrer en pourparlers avec les Arméniens à condition qu'ils renoncent à l'idée de la Grande Arménie. Pour nous autres Turcs, c'est le front occidental, le front grec qui est surtout important. Il nous faut à tout prix nous frayer la route en Thrace, en Europe. Pour ce qui est du Caucase nous pourrons facilement nous entendre avec les Arméniens sur la base de la reconnaissance de l'indépendance de la République arménienne dans ses frontières actuelles...

« Si les Arméniens insistent pour avoir la Grande Arménie aucun voisinage pacifique ne sera plus possible. La délégation arménienne à Paris se trompe toutefois si elle croit que les puissances victorieuses enverront leurs troupes pour appuyer les prétentions arméniennes...

« L'apparition de troupes des puissances occidentales sur le territoire de l'Arménie servira de signal à l'agression des Bolcheviks. Dans ce cas nous autres Turcs, nous irions certainement avec les Soviets. Nous ne pouvons pas assister en spectateurs impassibles à la création d'une Grande Grèce et d'une Grande Arménie. Les Arméniens doivent comprendre que nous sommes intéressés au maintien de l'indépendance de la Transcaucasie... »

Nous nous quittâmes pour nous retrouver le lendemain soir chez le même Pépinof. Je fis part de mon intention d'amener avec moi mon ami arménien dont la présence me semblait utile pour le but que nous nous étions donné.

« Etes-vous sûr, me dit Beha Saïd bey, que votre « ami » n'est pas un agent des Dachnakistes et qu'il ne fera pas savoir à son parti notre désir d'entamer des pourparlers en l'interprétant comme un signe de notre faiblesse ce qui ne pourrait que nuire à notre œuvre ? »

Pépinof appuya les appréhensions de Beha Saïd bey, mais je les tranquillisai.

Nous nous rencontrâmes le jour fixé. La conversation qui ne s'engagea qu'avec difficulté prit bientôt un ton très animé. Je ne reproduirai pas ici tout ce qui fut dit mais je me contenterai de rappeler qu'il fut question surtout d'un voyage à Sivas pour nous rencontrer avec les chefs du mouvements national. On parla beaucoup de l'avenir des relations turco-arméniennes.

Nous nous séparâmes tard dans la nuit. L'Arménien et les Turcs se serrèrent la main et le lendemain même nous rentrâmes à Tiflis où je devais attendre les résultats du voyage de mon compagnon à Erivan.

Trois mois s'étaient écoulés depuis. L'Azerbeïdjan était déjà entre les mains des Bolcheviks, lorsque je rencontrai par hasard mon Arménien. Comme je lui demandais où en était notre affaire, il me répondit, avec un geste de mauvaise humeur : « Est-ce que nos dirigeants sont capables de discerner où il faudrait chercher le salut ? Ils comptent sur l'Europe alors que c'est avec les Turcs d'Asie Mineure et les Tatars de l'Azerbeïdjan qu'il nous faudra vivre !.. »

De son récit je compris que le groupe arménien qui l'avait chargé de ces démarches n'avait pas osé prendre la responsabilité des pourparlers avec les Turcs, et que les cercles dirigeants ne croyaient ni à l'utilité ni à la possibilité de causer avec un « général rebelle parlant au nom d'un prétendu gouvernement national que personne n'avait reconnu ».

Ainsi prit fin notre « travail préparatoire en vue du rapprochement turco-arménien ».

Cet épisode est très caractéristique. A cette époque, au début de 1920, quand il n'y avait pas encore de traité de Sèvres signé, entre autres, par la délégation arménienne, les Turcs étaient disposés à reconnaître la République arménienne dans les frontières qu'elle occupait alors. Je me rappelle que lorsqu'au cours de nos conversations de Bakou on avait effleuré légèrement Van et Bitlis comme objets des revendications arméniennes, cela ne nous avait nullement empêché de continuer notre causerie.

Il est évident qu'il y avait parmi les Arméniens un groupe qui désirait une entente directe avec les Turcs, mais il était trop restreint et avait trop peu d'influence dans le pays pour pouvoir agir ouvertement. Les dirigeants, eux, se sentaient sous la protection des puissants du jour et ils perdaient de ce fait le sentiment de la réalité, et si le problème arménien s'est trouvé mué en tragédie arménienne, ce sont ces dirigeants qui en sont en grande partie coupables.

Les Arméniens ont eu trop de protecteurs ; et ce qui est très significatif, c'est que leurs protecteurs les plus tenaces étaient justement les pays, Russie et Angleterre, dont les éléments allogènes, surtout les Musulmans, ressentaient le plus vivement les effets de leur politique de violence. Dans ces dernières années on comptait parmi les protecteurs des Arméniens depuis le chef de la réaction russe, le général Dénikine, jusqu'au président Wilson, et depuis le rédacteur d'un journal d'émigration russe, jusqu'au premier ministre anglais. Et c'est vers ces protecteurs qu'allaient toutes les sympathies politiques des dirigeants du peuple arménien. Tous les arguments possibles et imaginables étaient invoqués en faveur des Arméniens ; jusqu'à l'affirmation que les Arméniens étaient les gardiens du lieu où s'arrêta l'arche de Noé.

On perdait, toutefois, de vue un fait capital, c'était le voisinage géographique, imposé par l'histoire, des deux peuples turcs et arménien. Le ressentiment contre le régime turc pouvait-il à lui seul rendre négligeables les conditions géographiques ?
On se souvient du discours prononcé au Parlement arménien par le colonel Haskell, haut-commissaire de la Conférence de la Paix. Ce discours, plein de menaces à l'adresse des musulmans, voisins du peuple arménien, a été accueilli avec enthousiasme dans toute l'Amérique.

C'est dans des discours analogues que les politiciens arméniens puisaient l'assurance du succès de leur cause, qui, par la faute des protecteurs étrangers, apparaissait toujours comme opposée à la cause et aux intérêts des musulmans qui entouraient l'Arménie.

Quelle aberration !

Le 10 août 1920, les Gouvernements alliés forcèrent le Gouvernement de Constantinople à signer le traité de Sèvres. Parmi les vainqueurs qui signèrent ce traité figurait aussi l'Arménie. La réponse au traité de Sèvres fut, à mon avis, l'expédition des troupes de Kara Bekir Kiazim pacha contre l'Arménie en septembre de la même année. En même temps le Gouvernement soviétique russe adressait à l'Arménie un ultimatum exigeant la renonciation au traité de Sèvres et la rupture des relations avec les puissances alliées.

L'Arménie se trouva prise entre deux feux, mais dans le malheur qui l'atteignait elle ne vit point d'amis. Ils étaient tous trop loin...


Le 22 novembre 1920, à Washington, le président Wilson traça sur la carte avec un crayon de couleur les frontières exactes de la Grande Arménie...

Le 2 décembre de la même année les délégués de l'Arménie, Hatissof, premier ministre, et le général Korganof, gouverneur de Kars, et ceux de l'Assemblée nationale turque, signaient à Alexandropol un traité de paix par lequel la République arménienne renonçait en faveur de la Turquie à la province de Kars.

En octobre 1921 le traité de Kars enlevait à l'Arménie la province de Nakhitchévan qui passait sous le protectorat de l'Azerbeïdjan.

Dans cette chaîne ininterrompue d'événements : Traité de Sèvres — expédition Kiazim pacha — frontière Wilson — traités d'Alexandropol et de Kars, qui réduisent l'Arménie à la seule province d'Erivan, on ne peut s'empêcher de discerner le verdict vengeur des erreurs fatales commises par les dirigeants arméniens.

Ils cherchaient des amis et des protecteurs au delà des mers et des océans, tout en envenimant ou du moins en négligeant d'améliorer leurs relations avec leurs voisins immédiats, les musulmans turcs ou azerbaïdjanais.

Je me permettrai de reproduire ici un document très caractéristique des véritables sentiments des masses populaires arméniennes. Ce document est une résolution des habitants du village arménien Tiskhi. Le Slovo, le plus grand journal arménien qui paraît en russe à Tiflis et qui est lu dans toute la Transcaucasie, a refusé de l'insérer, estimant que son contenu ne répondait pas aux exigences du moment et qu'il n'était pas possible de le publier pour des considérations de haute politique, car il parlait de « concessions réciproques » en vue de « supprimer l'hostilité » qui régnait entre Arméniens, Musulmans et Géorgiens.

Ce document m'avait été communiqué par le poète O. F. Toumaniantz, originaire de ce même village de Tiskhi, pour être publié dans la revue Na Roubéjé que je rédigeais alors à Tiflis.

Voici le texte intégral de ce document :

« Le 7 septembre 1919. — Nous, paysans du village Tiskhi, du canton de Lori, réunis en assemblée du village, avons discuté les événements de ces derniers temps et avons pris la résolution suivante :

« La grande guerre qui fut un grand châtiment a été en même temps une grande leçon pour l'humanité. Nous avons souffert tant sur les champs de bataille que des suites de la guerre : la famine et les maladies. Notre économie domestique est ruinée ; notre développement économique, notre oeuvre d'instruction, notre relèvement général sont arrêtés. La majeure partie de notre jeune génération a été tuée ou est morte. Même les enfants qui sont sur le point de naître sont condamnés au malheur dans les entrailles des mères déjà veuves frappées par toutes les horreurs.

« Tout père a souffert autant que nous ; tout village autant que notre village ; toute nation autant que notre nation.

« Aujourd'hui nous n'avons pas d'autre but que de sauver notre génération future de toutes les suites de cette malheureuse guerre. Nos yeux sont encore pleins de larmes, nos coeurs pleins de douleur et de tristesse.

« Il n'est pas en notre pouvoir, malgré tout notre désir, de détruire la guerre dans le monde entier, mais du moins pouvons nous la bannir de notre milieu.

« Nous savons que les autres villages arméniens et tout le peuple arménien pensent de la même façon. Nous croyons aussi que les mêmes idées inspirent nos voisins géorgiens et musulmans, ainsi que tout homme qui a des enfants ; qui aime le travail honnête, le développement pacifique et l'instruction.

« C'est mus par cette foi que nous nous adressons tant à nos compatriotes qu'aux peuples voisins. Nos villages et nos villes doivent présenter à notre Gouvernement les mêmes desiderata.

« Nous prions également nos voisins géorgiens et musulmans d'exposer les mêmes vœux à leurs Gouvernements respectifs, afin que par des concessions réciproques et des accords, on puisse déraciner de génération en génération la haine qui nous divise, afin que nous puissions vivre pacifiquement en entretenant des relations de bon voisinage et afin que tous les conflits soient tranchés par des conférences pacifiques dont le caractère doit être défini par nos Gouvernements.

« Ces désirs du peuple doivent être satisfaits par nos Gouvernements et par leurs délégués, et, jusqu'à ce qu'un accord soit intervenu, tout peuple est tenu de faire le service militaire établi par son Gouvernement respectif. »

(Suivent 226 signatures des habitants du village Tiskhi).

Nous savons déjà quel accueil fut fait par les dirigeants à cet appel pacifique des habitants de Tiskhi.

Est-ce que le sort qui lui fut réservé ne ressemble pas au sort qu'eurent les tentatives, relatées plus haut, d'un groupe de politiciens arméniens d'entrer en pourparlers directs avec les nationalistes turcs ?

Admettons que ces deux cas soient insignifiants. Admettons qu'ils ne reflétaient que trop faiblement les sentiments véritables des masses populaires arméniennes pour qu'on puisse s'appuyer sur eux pour parler d'une façon ferme et catégorique du désir des Arméniens de vivre en paix avec leurs voisins. Ce qui importe ici c'est l'attitude qu'adoptèrent envers ces faibles tentatives les cercles dirigeants arméniens.

C'est dans cette attitude que réside l'une des principales causes qui ont fait que le problème arménien s'est vu transformé en tragédie arménienne.


Il est difficile de dire quelle sera la décision de la Conférence de Lausanne sur la question arménienne.

Mais quelque décision que l'on y prenne, quelques garanties spéciales qu'on y élabore, — la nouvelle Turquie, ne consentant pas d'ailleurs à continuer de tolérer les anciens procédés appliqués à son égard, — la véritable solution du problème arménien dépendra des relations intérieures des deux peuples appelés par l'histoire à vivre côte à côte.

Or ces relations gagneraient beaucoup si la délégation arménienne se sentait le courage d'entrer résolument dans la voie des pourparlers directs avec les représentants de la nouvelle Turquie.

L'expérience d'un passé récent quand on vit toutes les puissances refuser l'une après l'autre le mandat sur l'Arménie, l'expérience du traité de Sèvres et des promesses non tenues d'amis et de protecteurs lointains montrent que la meilleure et peut-être la seule voie vers le soulagement des souffrances du peuple arménien est celle des pourparlers directs entre Turcs et Arméniens.

Reprendre à Lausanne l'ancienne route qu'on n'a que trop longtemps suivie c'est retourner aux mêmes erreurs pour le plus grand malheur des Arméniens et des Musulmans.

MOUSTAFA TCHOKAI OGHLY.

Voir également : La politique arménienne des Jeunes-Turcs et des kémalistes

Les tentatives de rapprochement turco-arménien en 1918

Les échecs sanglants du nationalisme révolutionnaire arménien

Le sabotage de l'unité caucasienne par les nationalistes grand-arméniens
  
Les mensonges d'Archak Djamalian (ancien ministre de la première République indépendante d'Arménie)

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