mercredi 29 avril 2015

Nancy : la famille Manukyan vit dans l'angoisse

"23/04/2015 à 10:17 Vu 2960 fois
NANCY L’angoisse des Manukyan, famille arménienne sous le coup d’une expulsion
A Nancy, catholiques et juifs plaident ensemble la cause d’une famille arménienne sous le coup d’une expulsion.

Au moment où l’on s’apprête à commémorer le 100e anniversaire du génocide arménien, la famille Manukyan vit dans l’angoisse.

Karapet Manukyan, 69 ans (le grand-père), Shaboyan, 66 ans (la grand-mère), Gayane, 45 ans (leur fille), Levon, 24 ans, et Karapet Yegoryan, 25 ans (leurs petits-fils), font l’objet depuis le 16 mars d’une obligation de quitter le territoire français. Leurs demandes d’asile ont été rejetées par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 18 juillet 2013 et en appel le 3 novembre 2014 par la Cour nationale du droit d’asile.

Cette famille d’origine arménienne a fui son pays voilà cinq ans pour se réfugier d’abord aux Pays-Bas (avant d’en être expulsés au bout de deux années) puis en France, dans l’agglomération de Nancy, où ils se sont installés voilà trois ans. « Nous avons été obligés de fuir notre ville, Gyumri car nous n’étions plus en sécurité », racontent Levon et Karapet Yegoryan, tous deux étudiants à l’Université de Lorraine en licence de langues et littératures étrangères.


« Notre grand-père et notre père assassinés »


« Notre grand-père paternel a été assassiné en 1994 pour avoir vu ce qu’il n’aurait jamais dû voir. Chauffeur routier, il transportait des denrées alimentaires et des vêtements pour l’armée arménienne au Haut-Karabagh mais, un jour, il s’est rendu compte que son chargement contenait des armes. Craignant pour sa vie, il avait alerté notre père. Il a été retrouvé mort dans une forêt, après 40 jours de disparition inexpliquée, le corps tuméfié et portant la trace de plusieurs coups de couteau. Notre père, lui, est décédé en 1998, à l’hôpital, après avoir été tabassé par des inconnus en tenue militaire devant l’allée de garage de notre maison ». Levon, le plus jeune de la famille Manukyan, dit avoir lui aussi été agressé sans raison, à Gyumri, alors qu’il revenait de l’université. « Plusieurs personnes se sont ruées sur moi pour me rouer de coup », confie le jeune homme, montrant l’article d’un journal local qui s’en est fait l’écho et stigmatise la probité des policiers. « Mes agresseurs sont partis quand ils ont vu mes camarades de cours arriver par hasard sur les lieux mais j’ai quand même eu le genou cassé. Comme pour les assassins de notre grand-père et de notre père, les policiers n’ont rien fait pour les retrouver et l’affaire judiciaire a été suspendue… »."

Source : http://www.estrepublicain.fr/edition-de-nancy-ville/2015/04/23/l-angoisse-des-manukyan

Voir également : Histoire des Arméniens : élimination de la minorité azérie au Karabagh

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