samedi 18 avril 2015

Parce qu'ils étaient arméniens ?

"Chez les Centraux", La Nation (Revue suisse hebdomadaire d'informations impartiales et de documentation), n° 43, 24-30 mars 1918 :

"Vers l'Orient

Un communiqué Havas dit qu'à Tiflis, la Diète du Caucase a ouvert ses séances sous la présidence de M. Tchedze. La diète aurait aussitôt lancé un radiogramme universel, déclarant ne pas reconnaître la paix conclue par le gouvernement de Lénine avec la Turquie.

Le Caucase va prendre une telle importance par sa situation géographique qui en fait la grande route d'Europe aux Indes, entre la mer Noire et la mer Caspienne, qu'aucun des intéressés au libre passage vers la Perse ne consentira à ce qu'il devienne une seconde Serbie. Si donc la « République du Caucase » refuse d'entrer dans la grande Confédération des Etats de la mer Noire (qui se dessine à l'horizon et qui comprendrait l'Ukraine, le Caucase, la Turquie, la Bulgarie et la Roumanie, en alliance économique étroite avec les Empires Centraux), il faut s'attendre à ce que les Turcs soient tentés de s'ouvrir une voie directe sur la mer Caspienne et le Turkestan, s'assurerait entr'autres la possession d'Etchmiazin, siège du grand « catholicos » ou chef spirituel des arméniens. Le catholicos d'Etchmiazin fut, depuis le traité de Berlin, le principal instrument de la propagande russe en Arménie turque et, par conséquent, un ennemi déclaré de la Turquie. C'est en grande partie à son action néfaste qu'on doit l'état d'exaspération qui a conduit les Turcs aux déplorables massacres que notre presse suisse, généralement si mal renseignée sur les choses d'Orient, impute uniquement à des haines religieuses inexistantes. Voir par exemple « la Situation » dans le Journal de Genève du 16 mars, 1re édition qui imprime que l'unique faute des arméniens est d'être demeurés fidèle au Christ ! Il faut vraiment n'avoir aucune idée quelconque de ce qui se passe dans ces contrées pour avancer des énormités pareilles.

Nous aurons l'occasion de revenir plus d'une fois sur cette question arménienne qu'il est nécessaire de placer sur son véritable terrain, non pas pour excuser des massacres qui sont inexcusables, mais par souci d'impartialité et de vérité historique."

Voir également : Arméniens : un journal suisse invoquait dès 1917 la nécessité d'une analyse critique

Première Guerre mondiale : le tsarisme russe et le "barrage arménien"

Les tentatives de rapprochement turco-arménien en 1918

L'authenticité pour le moins douteuse des documents Andonian (soi-disant "télégrammes de Talat Pacha")

Replacer la tragédie arménienne dans le temps long du déclin ottoman      

L'imbrication de deux réalités : le martyre des muhacir et les massacres d'Arméniens en Anatolie   

La tragédie des musulmans d'Anatolie     

La dépopulation des arrières du front russo-turc durant la Première Guerre mondiale
 

Les massacres arméno-russes de musulmans en Anatolie

Les volontaires arméniens de l'armée russe : des criminels de guerre

Les violences durant la désagrégation de l'Empire ottoman, selon l'historien allemand Christian Gerlach

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Le nationalisme arménien : un instrument de l'impérialisme russo-tsariste


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"Les" Arabes ont-ils vraiment "sauvé" les Arméniens ? Les exactions des bandes tribales arabes contre les Arméniens durant la Première Guerre mondiale et peu après


"Génocide arménien" : connaître les thèses contradictoires en présence   

"Génocide arménien" : la parole aux historiens turcologues et islamologues