samedi 23 mai 2015

La régression des lois mémorielles

Société
Jeudi 21 Mai 2015 à 12:13 (mis à jour le 21/05/2015 à 12:20)
La régression des lois mémorielles
Par

Laurent Dandrieu   

Histoire. Non contentes d’entraver le travail des historiens et la liberté d’expression, ces lois entraînent une concurrence mémorielle qui favorise le communautarisme.


Est-ce à l’État d’énoncer la vérité historique ? Longtemps, seuls les régimes totalitaires l’ont cru. En France, tout change en 1990 avec la loi Gayssot, qui pénalise la contestation des crimes contre l’humanité commis par les nazis. Nombre d’historiens continuent de s’opposer à ce qu’ils voient comme une vérité officielle entravant la liberté de recherche, et jugent plus efficace de répondre aux révisionnistes par des faits plutôt qu’à coups de procès.

Ils ont craint aussi que cette loi ne constitue un précédent, ouvrant une concurrence mémorielle entre les minorités. Ce qui n’a pas manqué : en 2001, une loi porte reconnaissance par la France du génocide arménien de 1915, mais sans volet pénal.
La même année, la loi Taubira reconnaît la traite négrière transatlantique comme crime contre l’humanité et impose son enseignement scolaire. Mme Taubira regrette que deux points aient été écartés de sa loi : l’emploi du mot “déportation” — « comme s’il y avait un monopole sacré sur le mot », commente-t-elle — et l’article évoquant une « réparation matérielle et morale de ce crime ». Quant à l’oubli de la traite arabo-musulmane, il fut justifié par Mme Taubira par le souci que « les jeunes Arabes […] ne portent pas sur leur dos tout le poids des méfaits des Arabes ». Les jeunes Européens auraient-ils le dos plus solide ?

C’est en vertu de cette loi que, en 2005, le Collectif des Antillais, Guyanais et Réunionnais a porté plainte contre l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau, accusé de contestation de crime contre l’humanité pour avoir dénié à la traite transatlantique toute dimension génocidaire. Devant le tollé, la plainte fut retirée.

Au lieu de combattre le principe des lois mémorielles, la droite préféra avoir les siennes : la loi du 23 février 2005 stipula que « les programmes scolaires reconnaissent le rôle positif de la présence française outre-mer », article abrogé après avoir été vivement contesté, notamment par… Christiane Taubira. Subsiste l’article qui exprime la reconnaissance de la nation à ceux qui ont participé à son oeuvre outre-mer. Des projets de lois mémorielles sont régulièrement déposés pour la reconnaissance du génocide vendéen ou en faveur des harkis.

En 2009, la mission parlementaire conduite par Bernard Accoyer préconise la fin des lois mémorielles, sans remettre en cause celles qui existent déjà : gel de la concurrence mémorielle qui n’apparaît guère réaliste. Faute du courage d’inverser le courant, la France semble condamnée à rester, comme le déplore l’historien Pierre Nora, « l’avant-garde de la mauvaise conscience universelle »
Source : http://www.valeursactuelles.com/la-regression-des-lois-memorielles-53019

Voir également : Le "modèle" répressif arménien et dachnak importé en France par Valérie Boyer
 
Le Conseil constitutionnel repousse les ingérences liberticides d'un ethno-nationalisme étranger en France

Régis Debray et l'"affaire arménienne" : une "loi absurde et liberticide"

Jean-Pierre Chevènement : "la proposition de loi porte atteinte au principe fondateur de la liberté d’expression et ce, tout particulièrement dans le domaine de la recherche historique"
 
Le républicain de gauche Jean-Pierre Chevènement dénonce une "capitulation face aux lobbies"

Le courageux historien Pierre Nora démasque les extrémistes arméniens et leurs certitudes sectaires
 
L'historien Pierre Nora réprouve énergiquement les agissements du lobby arménien en France
 
"Génocide arménien" : le politiste Gaïdz Minassian reprend mot à mot la thèse des nationalistes arméniens (à peine renouvelée en 50 ans)

"Génocide arménien" : le saviez-vous ?
 
 
Sources bibliographiques sur le contentieux turco-arménien
 
"Génocide arménien" : connaître les thèses contradictoires en présence

"Génocide arménien" : la parole aux historiens turcologues et islamologues

Expérience de l'histoire, Arménie et Azerbaïdjan




Source : Le Temps (Suisse), 13 mai 2015.

Merci à la Fédération des Associations Turques de Suisse Romande (FATSR).

Voir également : Khodjali (1992) : à la merci des Arméniens

Histoire des Arméniens : élimination de la minorité azérie au Karabagh
 
Histoire des Arméniens dans le Caucase : le déchaînement de la violence nationaliste arménienne à l'occasion de la décomposition soviétique
 
L'histoire du Karabakh

Le douloureux problème des réfugiés azéris


Le conflit arméno-azéri : "Les opérations de nettoyage [ethnique], qui concernent en gros 200 000 personnes de chaque côté, semblent avoir été menées plus systématiquement et étalées dans le temps en Arménie et plus par à-coups violents en Azerbaïdjan"
 
L'expulsion méthodique des derniers Azéris d'Arménie
 
1988-1989 : la fin des derniers villages azéris en Arménie
 
Le prétendu "pogrom nationaliste azéri" de Soumgaït en 1988 : une manipulation communisto-mafieuse ?

Les circonstances des émeutes anti-arméniennes de Bakou en janvier 1990

 
L'épuration générale des minorités ethniques en Arménie
 
 
La destruction des monuments historiques azerbaïdjanais en Arménie

La destruction des monuments culturels azerbaïdjanais de la ville de Shusha, occupée par l'Arménie
 
Histoire des Arméniens dans le Caucase : un bilan du nationalisme épurateur arménien jusqu'en 1921

Arménie : le "travail de mémoire" est très loin d'être fait

Aurélie Filippetti et les effets pervers du "devoir de mémoire"

En Arménie, le harcèlement sexuel au travail n'est pas considéré comme une infraction pénale

05.13.2015 18:05 epress.am
Armenian Women Embarrassed to Report Sexual Harassment In the Workplace: Study

In Armenia, discrimination against women is hidden in nature; in addition, the society has a rather tolerant attitude towards certain types of gender-based violence, revealed the study (ARM) conducted by Nvard Melkonyan and Yuliana Melkumyan, which was presented during a conference entitled “Gender Issues in the Contemporary Armenia: From Research to Policy” organized by Yerevan State University (YSU) Center for Gender and Leadership Studies (CGLS) on May 11-12, 2015.

This attitude, the authors said, constrains women: they avoid reporting the cases of sexual harassment in the workplace, do not apply to the relevant authorities, being embarrassed of publicizing the issue because of a widespread stereotype in the society that the harassment is largely due to the woman's behavior and, therefore, it is the woman's fault that these incidents occur.

Shame, fear, guilt, possible and real threats of losing their jobs,  the risk of being labeled as immoral  – all these possible consequences force women remain quiet about cases of sexual harassment.

During the study, the researchers conducted interviews with a number of experts, employers, as well as women of various ages with jobs considered of high-risk in terms of sexual harassment. 18 women participated in the survey; 6 women from the 18-30 age group, 6 women – 31-45 age group; and 6 women – 46 and above age group. Among the 18 women, nine had received a higher education.

The study revealed that it is possible to have statistics about the woman who have lost their jobs because of sexual harassment; however, it is impossible to collect data about those women who are forced to continue to work: many are afraid of losing their jobs, some are afraid of labels.

According to the study, a number of women gave examples indicating the lack of reaction mechanisms in workplace sexual harassment cases:
“For example, there was a time in one office when I saw a young man make sexual moves on a girl. However, I did not do anything, I just left the room.” (Interviewee from Gavar)

“In such cases I simply pretend I have not heard anything, I do not react in any way.” (Interviewee from Yerevan)

In Armenia, the researchers noted, only the act of forcing a person to sexual intercourse, homosexuality, lesbianism or other sexual actions, by means of black mail, threats to destroy, damage or seize property, or using the financial or other dependence of the aggrieved, is subject to criminal punishment.

“Of course, it is possible that an employer or a coworker, taking into consideration the woman's subordinate status in their working relationship, could force her to engage in sexual relations using his position, but this is only one manifestation of sexual harassment, and an extreme one.

Therefore, it can be stated that in Armenia the sexual harassment of women in the workplace is not considered a criminal offense.

The Labor Code of Armenia does not have any provisions banning sexual harassment against women, or on the employers' obligations and responsibilities in this matter, " the researchers said.


On May 20, 2013, Armenia adopted a law “On Ensuring Equal Rights and Opportunities for Women and Men”. The researchers consider this adoption a positive step, but at the same time they emphasize that it is vague and gives rise to disagreements.

“The above-mentioned law gives a definition of sexual harassment, states its ban; however, there are no regulations in the Armenian legislation for prosecution for committing the prohibited act. Therefore, it should be noted that at the present time in the fight against sexual assault and harassment the above-mentioned law is purely declaratory in nature, and it is not enough to state that in this sphere Armenia has fulfilled its obligations and duties under international law,” the authors concluded.
Source : http://www.epress.am/en/2015/05/13/armenian-women-embarrassed-to-report-workplace-sexual-harassment-study.html

Voir également : En Arménie, le Parti républicain (au pouvoir) ne voit pas la nécessité d'une loi contre les violences domestiques

Violences domestiques en Arménie : "Ne détruisez pas la famille arménienne avec vos approches européennes" (Robert Aharonyan, homme politique)

"Valeurs européennes" : choc politico-culturel entre Arméniens d'Arménie et Arméniens diasporiques

Les coutumes matrimoniales des Arméniens

Les violences domestiques : un problème qui touche plus du quart des femmes d'Arménie

Le problème de la violence conjugale en Arménie

Les violences faites aux femmes et aux filles en Arménie (rapport de 2011)

Arménie : des femmes souffrent en silence

Violence au sein de la famille arménienne : le cas de Greta Baghdasaryan

Crime d'honneur à Gyumri (Arménie)

Le crime d'honneur, une tradition arménienne ?

Marseille : retour sur un crime d'honneur arménien symptomatique

Le crime d'honneur, une tradition méconnue des chrétiens d'Orient

Istanbul : un couple religieusement mixte victime d'un crime d'honneur de la part du beau-frère chrétien arménien

France : les crimes d'honneur au sein de la première génération d'immigrés arméniens

Le communautarisme diasporique arménien : endogamie, mariages arrangés, auto-ghettoïsation

Le problème des mariages précoces chez les Arméniens du Liban

samedi 16 mai 2015

Esclavage ottoman : Patrick Devedjian raconte n'importe quoi (comme d'habitude)

Quand Patrick Devedjian fantasme sur l'esclavage des Blancs
Sarah BOSQUET 15 mai 2015 à 11:16

DÉSINTOX Le député UMP dresse une comparaison historique hasardeuse entre l'esclavage des Blancs et la traite des Noirs.

INTOX. Mais que s’est-il donc passé dans la tête de Patrick Devedjian ce matin-là ? Au micro du Lundi Politique de France Bleu, le député UMP des Hauts-de-Seine était invité le 11 mai à réagir sur la commémoration de l’abolition de l’esclavage par François Hollande. La veille, le président de la République s’était rendu en Guadeloupe pour inaugurer un mémorial. Et là, après avoir admis que «l’esclavage est une horreur…», Devedjian ne peut s’empêcher une touche de relativisme historique un peu particulière : «… mais c’est un crime mondial qui a été partagé par toutes les civilisations. Je rappelle que les plus nombreux esclaves ont été les esclaves des Barbaresques, c’est-à-dire des Turcs. Et que les Blancs européens, y compris les Français mais surtout les Italiens et les Espagnols, ont été esclaves de Constantinople pendant des siècles. Ça ne concerne pas seulement l’Afrique, ça concerne tout le monde.»

C’est à écouter à 9’35'' :

http://www.dailymotion.com/video/x2ps259_patrick-devedjian-president-ump-du-conseil-departemental-des-hauts-de-seine_news

DESINTOX. Opposer l’esclavage des Blancs par les Barbaresques à la traite des Noirs, et affirmer que le premier a été équivalent voire plus important en nombre que le second, c’est quelque chose qu’on lit bien souvent… mais essentiellement dans la galaxie des sites d’extrême droite (comme ici et là). Sûrement parce que cette comparaison est une énormité sur le plan des chiffres.

Certes, l’histoire de l’esclavage n’a pas commencé au XVIe siècle avec la traite et l’esclavage des Noirs. Depuis l’Antiquité, des prisonniers sont utilisés par des peuples de Méditerranée comme monnaie d’échange ou comme outil de travail.

Les «Barbaresques» évoqués par Patrick Devedjian, en fait des corsaires musulmans du Maghreb (Maroc, Algérie) et de l’Empire ottoman, ont effectivement capturé des Européens et pratiqué l’esclavage, en particulier pendant le XVIe siècle. Les corsaires européens de Livourne, des Baléares ou même de Marseille faisaient d’ailleurs de même.

Mais pour l’historienne américaine Gillian Weiss, auteure du livre Captifs et corsaires : l’identité française et l’esclavage en Méditerranée (dont on peut trouver un extrait en accès libre ici), la comparaison de Devedjian est «absurde». Et d’abord en termes d’échelle. «Plus de douze millions d’Africains noirs ont été transportés de l’autre côté de l’Atlantique entre le XVIe et le XIXe siècles. Un million, au plus, et probablement moins d’Européens blancs ont été capturés en Méditerranée […] Il ne faut pas oublier que les Français capturaient aussi des esclaves maghrébins et ottomans, et que la royauté en achetait même pour ses galères pendant le règne de Louis XIV.»

Mais au-delà d’une comparaison numérique improbable, Patrick Devedjian amalgame aussi des formes de servitudes très différentes. Comme l’explique Gillian Weiss, au XVIe siècle, les Européens capturés en Méditerranée sont le plus souvent des prisonniers de guerre et se retrouvent donc esclaves «par malchance» - en se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment, capturés par des corsaires. Le commerce triangulaire répond, lui, à une logique coloniale et une idéologie «racialiste». «Du XVIe au XIXe siècle, on considère que c’est le destin des Noirs que d’être esclave». Portugais, Espagnols et Français achètent des Africains et les transportent par bateau jusqu’en Amérique, où ils sont revendus pour servir d’esclaves aux colons blancs.

Interrogé sur ses sources, Patrick Devedjian nous a répondu de manière plus évasive :  «L’esclavage est d’abord un phénomène antique. L’Egypte, la Grèce, Rome, les Barbaresques d’Afrique du Nord qui alimentent leurs galères. L’esclavage d’Africains vers l’Amérique commence au XVIIe siècle. Lire Pétré-Grenouilleau.» Olivier Pétré-Grenouilleau, auquel renvoie Devedjian, est un historien qui a fait polémique lors de la sortie d’un ouvrage en 2005 sur les Traites négrières, notamment parce qu’il avait comparé l’importance numéraire des différentes traites dans l’histoire et déploré qu’on se focalise davantage sur l’esclavage transatlantique que sur les traites négrières intra-africaine ou orientale. Mais sans jamais affirmer, comme Patrick Devedjian, que l’esclavage des Européens par les Barbaresques a été le plus important dans l’histoire.

La confusion du responsable UMP tient peut-être à une lecture rapide d’une interview donnée au Figaro, en 2006, du même Olivier Pétré-Grenouilleau. Interrogé sur un ouvrage de l’historien américain Robert C. Davis consacré à l’esclavage des Blancs, l’historien français déclarait : «Pour le XVIe siècle, le nombre des esclaves chrétiens razziés par les musulmans est supérieur à celui des Africains déportés aux Amériques», ajoutant immédiatement: «Il est vrai que la traite des Noirs ne prendra vraiment son essor qu’à la fin du XVIIe siècle, avec la révolution sucrière dans les Antilles.» Peut-être Devedjian a-t-il retenu la première phrase. Et oublié la suivante.
Source : http://www.liberation.fr/politiques/2015/05/15/quand-patrick-devedjian-fantasme-sur-l-esclavage-des-blancs_1308053

Sur l'esclavage en Méditerranée et dans les Balkans à l'époque ottomane (notamment le rôle des Grecs et Arméniens dans les trafics d'esclaves "blancs" musulmans, en Sicile et en Espagne), on lira : XVIIe siècle : le rôle des Arméniens dans l'esclavage des Turcs à Cadix en Espagne

L'esclavage dans l'Empire ottoman

A noter que certains corsaires barbaresques étaient de religion juive : http://en.wikipedia.org/wiki/Jewish_pirates#Spanish_Jewish_pirates

Sur les relations entre les deys d'Alger et la Sublime Porte : Le mythe du "joug ottoman" en Algérie et en Tunisie

Sur la traite des Européens slaves (mais aussi des Turcs et des Circassiens) par les Byzantins et les marchands italiens : La traite esclavagiste des Slaves par les Byzantins

Sur le cas Devedjian : L'arrogant fanatique arménien Patrick Devedjian profère des énormités, crache sur la France et fustige les historiens

Charles Aznavour (Shahnourh Varinag Aznavourian) et Patrick Devedjian : de paisibles citoyens français ou des nationalistes arméniens volontiers fanatiques ?

vendredi 15 mai 2015

Espagne : le Sénat rejette un projet de résolution sur le "génocide arménien"

Le sénat espagnol rejette les assertions arméniennes

Publié 14.05.2015 Mis à jour 14.05.2015

Le parti au pouvoir a refusé de voter le projet de résolution soutenant les assertions arméniennes

Le sénat espagnol a rejeté le projet de résolution défendant les assertions arméniennes concernant les incidents de 1915. Le projet de résolution a été refusé avec 130 voix contre, 68 abstentions et 14 votes en faveur.
D'ailleurs, le Parti populaire au pouvoir a été le seul parti à voter à l'encontre du projet.

Lors des discussions précédant le vote, le sénateur du Parti populaire José Maria Chiquillo a indiqué qu'ils ne pouvaient remplacer les historiens ou les tribunaux à ce sujet.

"Vous soutenez que ces assertions ont été reconnues par 22 pays. Et moi je vous réponds que 168 pays les ont rejetées. Qu'allez-vous répondre? Le génocide n'est pas un terme à utiliser aussi facilement. C'est une question historique et juridique" a-t-il estimé.

Entre-temps, l'ambassadeur turc à Madrid Ömer Önhon a relevé que l'approche épurée de préjugés de l'Espagne à ce sujet devait servir d'exemple aux autres pays de l'UE.
Source : http://www.trt.net.tr/francais/europe/2015/05/14/le-s%C3%A9nat-espagnol-rejette-les-assertions-arm%C3%A9niennes-226486

Voir également : Sandro Gozi (Italie) et Frank-Walter Steinmeier (Allemagne) refusent de "reconnaître" le "génocide arménien"

Par la voix de Frank-Walter Steinmeier, le gouvernement allemand refuse de qualifier 1915 de "génocide"

Le discours "lemkinien" du pape François

L'ambassadeur israélien à Bakou : Israël n'a pas l'intention de "reconnaître" le "génocide" arménien
 
Le président israélien Reuven Rivlin a décidé de ne plus soutenir la campagne en faveur de la "reconnaissance" du "génocide" arménien

Un pétard mouillé à la Knesset : la session sur la "reconnaissance" du prétendu "génocide" arménien a été interrompue sous la pression du ministère des Affaires étrangères

Emballement du lobby arménien et de ses nervis : pas de "reconnaissance" du prétendu "génocide arménien" par le gouvernement intérimaire égyptien
 
Echec de la manoeuvre du parti ultra-nationaliste Ataka en Bulgarie : le Parlement bulgare ne valide pas les allégations génocidaires arméniennes
 
En Géorgie, pays du discernement, on commémore le génocide circassien mais pas le prétendu génocide arménien
 
La Géorgie condamne le génocide des Circassiens, à la différence de l'Arménie
 
Le Sénat du Mexique qualifie le massacre de Khodjali de génocide   

Le Sénat colombien reconnaît le massacre de Khodjali comme un génocide

jeudi 14 mai 2015

"Génocide arménien" dans les programmes scolaires : les critiques de Luc Ferry et Michel Winock

"Société
Mercredi 13 Mai 2015 à 13:26 (mis à jour le 13/05/2015 à 13:32)
Réforme du collège - Luc Ferry : « On invite nos élèves à la haine de soi »
Par

Fabrice Madouas   

L’entretien : Luc Ferry. Philosophe, ancien ministre de l’Éducation nationale, Luc Ferry est en colère. Pour “Valeurs actuelles”, il décortique les nouveaux programmes, dont il dénonce le masochisme.

Plus nos gouvernants parlent de “vivre-ensemble”, moins l’école transmet un patrimoine : les nouveaux programmes privilégient une approche thématique au détriment de la chronologie. D’où vient ce rejet des dates et des événements : refus du “roman national”, volonté de former un “citoyen du monde” ?

C’est plus profond encore. Il s’agit à la fois de rendre les programmes plus “ludiques” afin de lutter contre “l’ennui” à l’école, mais aussi, et même surtout, de les transformer en leçons de morale antiraciste et humanitaire. Comprendre les enchaînements de causes et d’effets, saisir en profondeur les motifs qui président à une guerre ou une révolution demande un effort intellectuel certain. S’indigner devant les horreurs de la guerre ou les crimes contre l’humanité n’en demande aucun. L’émotion y suffit. C’est exactement cette logique qui sous-tend les futurs programmes d’histoire.

Regardez par exemple ce qui concerne la Première Guerre mondiale : rien sur ses causes, tout sur la violence dans les tranchées ou le génocide arménien. On ne fait plus d’histoire, mais de la “moraline”, comme disait Nietzsche. Parler des crimes contre l’humanité est évidemment justifié, mais ce n’est pas ce qui explique les crises. Or, les programmes visent à bannir les explications, ce pour quoi ils ne comportent ni dates, ni personnages, ni la moindre réflexion sur ce qui ne se voit pas, ne suscite pas l’émotion. Ceux que nous avions rédigés à la fin des années 1990, lorsque Dominique Borne et Serge Berstein dirigeaient le groupe chargé de l’histoire et que j’étais moi-même président du Conseil national des programmes, étaient à 100 % chronologiques. Ce sont eux — ou du moins ce qu’il en restait — qu’il s’agit de détruire aujourd’hui au profit d’une histoire thématique, édifiante et émotive supposée plus facile et plus distrayante."

Source : http://www.valeursactuelles.com/on-invite-nos-eleves-a-la-haine-de-soi-52848

Des historiens dénoncent lacunes et manque de cohérence

Le Monde.fr avec AFP | 13.05.2015 à 11h55 | Par Mattea Battaglia, Benoît Floc'h et Séverin Graveleau

Ils sont les derniers à être montés au créneau. Après les syndicats d’enseignants, les latinistes, les germanistes, les politiques – beaucoup de droite, quelques-uns de gauche –, les historiens prennent la parole sur la refonte, engagée, des programmes scolaires. Et si des tribunes collectives montrent que tous ne sont pas hostiles, en histoire, aux projets présentés par le Conseil supérieur des programmes (CSP), d’autres font entendre leur inquiétude. Pierre Nora, Michel Winock, Patrice Gueniffey… : ils ne sont qu’une poignée, mais leur voix porte.

Ces historiens contribuent à alimenter la polémique sur une histoire de l’islam qui serait favorisée au collège, au détriment de la chrétienté, mais pour des raisons différentes de celles avancées par la droite et l’extrême-droite. Ce qui est surtout en cause, pour eux, c’est le distinguo nouvellement introduit entre des thématiques obligatoires et d’autres laissées au choix des professeurs, pour alléger les programmes en s’appuyant sur le professionnalisme enseignant.

Lire aussi : « L’idée de vouloir faire de l’histoire un “roman national” est dérangeante »

« Dire que la chrétienté médiévale est facultative alors que l’islam est obligatoire est une manière bien lâche de régler les problèmes [auxquels sont confrontés les enseignants] lorsqu’ils abordent la religion chrétienne dans certains établissements » estime Patrice Gueniffey, directeur d’études à l’EHESS. D’autant, ajoute-t-il, que dans la course engagée par les enseignants pour boucler les programmes, il est probable que ces thèmes facultatifs passent à la trappe.
« Roman national »

Si l’Association des professeurs d’histoire géographie (plus de 7 000 adhérents) salue des « programmes plus clairs, plus limpides, sans jargon », elle s’alarme des choix opérés par le CSP. « Les programmes étaient trop lourds, cette liberté pédagogique a du bon, témoigne son président Hubert Tison. Mais que des notions comme la Renaissance, l’Humanisme, les Lumières ou la révolution américaine ne soient pas valorisées, ça pose question ».

Comme les autres, Jean-Pierre Azéma salue le retour de la chronologie. Mais pour ce spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, la confiance accordée aux enseignants reste relative. « Ces thématiques, obligatoires ou non, c’est un carcan qu’on impose aux professeurs, alors qu’ils sont parfaitement capables de s’adapter à leur classe sans qu’on le formalise ainsi », estime-t-il. L’historien déplore aussi certaines « lacunes », en espérant les voir « comblées » dans la seconde mouture des programmes, attendue à la rentrée : la question ouvrière, Vichy, la Résistance et la France libre… « Bien sûr que ces thématiques seront abordées par les enseignants dans le cadre de la seconde guerre mondiale, mais on aurait pu, me semble-t-il, le formaliser », conclut M. Azema.

Rares sont ceux à reprendre à leur compte, comme l’ont fait les politiques, l’expression de « roman national », et pourtant, ils n’en sont parfois pas si loin. L’académicien Pierre Nora estime que le projet manque de cohérence. Il gagnerait, dit-il, à « être coiffé par une déclaration d’intention qui expliquerait ce qu’on veut enseigner ». Pour l’historien, ce pourrait être « un bilan patrimonial, une exploration du patrimoine national à replacer dans un contexte général et mondial ». Et « on peut être fier de ce bilan », indique M. Nora. Il faudrait faire en sorte que « les enfants aient de bonnes raisons de se sentir Français et citoyens du monde », plaide-t-il, en déplorant « un penchant à l’exagération dans le masochisme national et colonial ».

Michel Winocka lui mis en garde, dans le Journal du dimanche, contre le risque de transformer l’histoire en morale. « Indigènes de la République, Vendéens, anciens combattants, Arméniens, descendants d’esclaves (…), tous ces groupes revendiquent leur place dans l’histoire. Le danger est de transformer l’histoire en histoire des victimes ».
Source : http://www.lemonde.fr/education/article/2015/05/13/des-historiens-denoncent-lacunes-et-manque-de-coherence_4632869_1473685.html

Voir également : Entretien avec François Georgeon : révélation sur une manipulation éhontée de la part d'Hachette

Le courageux historien Pierre Nora démasque les extrémistes arméniens et leurs certitudes sectaires

L'historien Pierre Nora réprouve énergiquement les agissements du lobby arménien en France

"Génocide arménien" : le politiste Gaïdz Minassian reprend mot à mot la thèse des nationalistes arméniens (à peine renouvelée en 50 ans)

"Génocide arménien" : le saviez-vous ?
 
Sources bibliographiques sur le contentieux turco-arménien

"Génocide arménien" : connaître les thèses contradictoires en présence

"Génocide arménien" : la parole aux historiens turcologues et islamologues

jeudi 7 mai 2015

"Génocide arménien" : l'avis de Celâl Bayar (président de la FATSR)




Le site de la Fédération des Associations Turques de Suisse Romande (FATSR) : http://fatsr.org/

La FATSR a notamment mis en ligne le rapport de la commission d'enquête présidée par le Suisse Maurice Gehri (Croix-Rouge) en Anatolie (1921) :

http://web.archive.org/web/20150212023629/http://fatsr.org/wp-content/uploads/2014/04/Maurice-Gehri-Mission-denq%C3%AAte-en-Anatolie-CICR-1921.pdf

Voir également : Jean K. : "Alors, mon grand-père a commencé à attaquer des villages turcs"
  
Le docteur Gérard Papertian : une critique au vitriol des lamentations victimaires et mémorielles

"Génocide arménien" : le chercheur Tal Buenos s'exprime sur la chaîne CCTV America

"Génocide arménien" : le saviez-vous ?
 
"Génocide arménien" : connaître les thèses contradictoires en présence

"Génocide arménien" : la parole aux historiens turcologues et islamologues

Géorgie : l'ambassadeur arménien est convoqué en raison des liens entretenus entre les autorités arméniennes et les séparatistes d'Ossétie du Sud

Georgia Summons Armenian Diplomat over Meeting of Armenian, S.Ossetian Parliament Speakers
Civil Georgia, Tbilisi / 4 May.'15 / 21:16

Georgian Foreign Ministry summoned Armenia’s ambassador to express its “extreme concern” over a meeting between speaker of Armenian parliament Galust Sahakyan and chairman of Georgia’s breakaway region of South Ossetia’s parliament Anatoly Bibilov.


The meeting was held in breakaway region of Nagorno-Karabakh. News about the meeting was first reported by a press office of breakaway South Ossetia’s parliament on May 1, saying that Bibilov was in Nagorno-Karabakh to “observe” May 3 parliamentary elections. It also said that Bibilov was there upon invitation of speaker of Armenian parliament Galust Sahakyan, but this part of report about invitation from Sahakyan was later retracted by the breakaway South Ossetian parliament’s press office, which said that it was “incorrect.”
A spokespersof Armenian Parliament, Arsen Babayan, confirmed that the meeting took place, but he told Armenpress news agency: “The meeting between Galust Sahakyan and Anatoly Bibilov was purely of private nature. No official issues were discussed whatsoever. A meeting between private individuals has nothing to do with political positions.”

Similar remarks, insisting that the meeting was “not official”, were also made by a spokesperson of the Armenian embassy in Tbilisi.

The Georgian Foreign Ministry said on Monday evening that it summoned Armenia’s ambassador Yuri Vardanyan, who was told by Georgian deputy foreign minister Gigi Gigiadze that the meeting in question “runs counter to the spirit of traditionally friendly relations between Georgia and Armenia, and harms bilateral relations.”

“The Deputy Foreign Minister also expressed bewilderment over the reports that the meeting was unofficial and noted that any communication of officials [from Georgia’s] friendly countries with representatives of occupation regime is unacceptable for the Georgian side,” the Georgian Foreign Ministry said.
“The Armenian ambassador expressed regret over the case and said that he would immediately convey Georgia’s position to Yerevan,” the Georgian Foreign Ministry said.

Shortly after the Georgian Foreign Ministry reported about summoning of the Armenian diplomat, Georgian PM Irakli Garibashvili’s office reported about a phone conversation between PMs of Georgia and Armenia.

“PM Garibashvili phoned his Armenian counterpart Hovik Abrahamyan and spoke about the meeting between so called parliament chairman of Tskhinvali’s occupation regime Anatoly Bibilov and speaker of the Armenian parliament Galust Sahakyan,” the Georgian PM’s office said.

“As the Armenian PM explained, Anatoly Bibilov was in Nagorno-Karabakh on a nonworking day for a private visit and has an informal communication with Galust Sahakyan. No official issues were discussed, neither those related to Georgia’s occupied territories,” the Georgian PM’s office said.

“Hovik Abrahamyan reiterated unwavering support towards Georgia’s territorial integrity and sovereignty and emphasized on Armenia’s good neighborly and friendly stance towards Georgia,” the Georgian PM’s office said.

Also on May 4, the Georgian Foreign Ministry released a statement, like it usually does when elections are held in breakaway Nagorno-Karabakh, “reaffirming its support for Azerbaijan’s sovereignty and territorial integrity” and stating that it “does not recognize the so-called ‘parliamentary elections’ held on May 3, 2015 in the Nagorno-Karabakh region of the Republic of Azerbaijan.”

“The Georgian Foreign Ministry hopes that all possible formats will be used for the peaceful settlement of the Nagorno-Karabakh conflict,” it said.
Source : http://www.civil.ge/eng/article.php?id=28242

Voir également : Géorgie : un leader de la communauté arménienne devient vice-Premier ministre de la république sécessionniste d'Abkhazie

Le conflit arméno-géorgien

Le nationalisme falsificateur des "hôtes" arméniens en Javakheti/"Djavakhk" (sud de la Géorgie)


L'isolement de l'Arménie se poursuit : la Géorgie fait obstruction au ravitaillement de la base militaire russe de Gyumri

Isolement régional du régime bananier arménien : Wikileaks révèle la nature exécrable des relations arméno-géorgiennes

La journaliste arménienne Mane Papyan parle des exactions anti-azéries ayant précédé les émeutes de Soumgaït

Armenian journalist Makes Public Facts on Mass Killings of Azerbaijanis in Armenia

Date 01.05.15, 17:12

What happened to Azerbaijanis in Gugark (the region of Lori in the north of Armenia) before the Sumgait events is something that nobody in Armenia wants to remember or talk about. Any information related to the Gugark events is available only in the Azerbaijani sources. An armenian journalist Mane Papyan writes.

The investigation by the Armenian journalist Mane Papyan about the bloody events against Azerbaijanis in Armenia in the late 80s of the last century has caused a resonance in Armenia. Of course, hearing the reality from Armenian journalist and her courage was unexpected for Azerbaijani media and social networks too.

As we mentioned before, pogroms against Azerbaijanis had happened long before Sumgait events: Armenians shed blood of Azerbaijanis in Kafan in 1978; The most tragic events took place in Gukark region of Armenia (now Lori region), where Armenians killed 70 Azerbaijanis and burnt alive another 13 in Vartan village.

Why does the Armenian journalist find it necessary to make public the facts exposing her compatriots? What made her to take this step? Has she been threaten for her step?

Mane Papian answered all these questions:

"Thank you for appreciating my work. I always stand for truth, no matter how bitter it may be. I learned about Gukark events a few months ago, and as a journalist, I think that if something happens, a journalist should write about it. Of course, it was hard to me as a citizen of Armenia to write about Gukark .

Mane Papyan’s article about the mass killings of Azerbaijanis in Gukark 27 years ago was published in Armenian website Epress.am. She writes:

`What happened to Azerbaijanis in Gugark (the region of Lori in the north of Armenia) before the Sumgait events is something that nobody in Armenia wants to remember or talk about. Any information related to the Gugark events is available only in the Azerbaijani sources.`

An atmosphere of fear reigned on both sides. The Armenians as well as the local Azerbaijanis in Gugark were afraid of an attack from the other side.

Arthur Sakunts, an activist and former member of the Karabakh Committee, notes that the Committee members were most of all concerned about a possible provocation. And for the purpose of decreasing the possibility of provocations, they were guarding the city at nights, but still could not ensure its full protection. “While the Azerbaijanis from the Azerbaijani village in Armenia called Arjut were transported by trucks at night, there were cases of Armenians attacking the convoys of cars,” Arthur Sakunts says, Mane Papyan writes.

All the roads out from the Azerbaijani villages were closed and protected by the army and police.

The former prosecutor of Vanadzor (the center of Lori region) Grigori Shahverdyan created and preserved his own archive with the documents that can shed light on many events from these dark days. He kept the addresses of the Azerbaijani families of the town for the purpose of ensuring their protection and had asked them to call him in case anything happened.

According to the archive, throughout March – November 1988, 628 Azerbaijanis were fired from different organizations and factories in the Gugark region. Those who worked in the strategically important fields, such as the water industry, were discharged first.

In those several months, 42 cases of ethnic confrontations in Vanadzor were registered (according to the archive document dated 10 November 1989). Since March 1988, there were attacks on Azerbaijani houses, as well as beating and robbery cases including at the work places. Azerbaijanis were easy to find on the local market since they comprised a large group of marketplace traders. There were cases when Armenians beat the Azerbaijani marketplace traders, and stole their produce such as fur or chicken. All those cases were registered by the prosecutor and his staff. The cases were thoroughly examined and followed by arrests of many people accused of violence.

The most frequent cases were the ones of Armenian young people attacking Azerbaijani houses and forcing them to leave. As a result, 37 Azerbaijani families left their houses.


In 1988, the Head of the Investigation Group of the USSR Prosecutor’s Office V.A. Reva compiled a document with a comparison of the crimes based on an ethnicity bias.

In November, the epicenter of Gugark events was the village of Shamunyan, which was populated mostly by Azerbaijanis. According to official sources, 11 Azerbaijanis were killed there. The reaction was immediate from the official institutions both in Armenia and in Moscow. A group of around 100 experts arrived from Moscow to Gugark in order to investigate the killings. Later on, a number of punitive measures were imposed, as a result of which the first secretary of Gugark and other officials were fired. “Those crimes were organized by small groups of young Armenians. The most popular group was the local kingpin who was the main organizer of the Shahumyan case,” the former prosecutor of Vanadzor Grigori Shahverdyan says.

The terrible November 1988 was followed by the terrible December, when the devastating earthquake hit the area. Many Azerbaijanis and Armenians in Gugark lost their houses.

Armenian journalist also noted that she will continue her works on revealing the real cullprit of Azerbaijan-Armenia conflict.

"I have some plans, but in order to realize them I need not only Armenian sources, but others’ too. And I’m looking for the sources to continue my work,”- M. Papyan said.

AzVision.az
Sabina Hasanova
Source : http://en.azvision.az/news.php?id=10248#.VUs1epOhNP0

Voir également : Le prétendu "pogrom nationaliste azéri" de Soumgaït en 1988 : une manipulation communisto-mafieuse ?

Les circonstances des émeutes anti-arméniennes de Bakou en janvier 1990


Histoire des Arméniens : la fin de la présence azérie en Arménie

Histoire des Arméniens dans le Caucase : le déchaînement de la violence nationaliste arménienne à l'occasion de la décomposition soviétique

Le conflit arméno-azéri : "Les opérations de nettoyage [ethnique], qui concernent en gros 200 000 personnes de chaque côté, semblent avoir été menées plus systématiquement et étalées dans le temps en Arménie et plus par à-coups violents en Azerbaïdjan"
 
L'expulsion méthodique des derniers Azéris d'Arménie

1988-1989 : la fin des derniers villages azéris en Arménie

L'épuration générale des minorités ethniques en Arménie

Arménie : le "travail de mémoire" est très loin d'être fait

Khodjali (1992) : à la merci des Arméniens

"Alors que les combats s'intensifient M. Bush réclame un cessez-le-feu au Karabakh Agdam, ville fantôme", Le Monde, 14 mars 1992 :
"Allez, la Française, écris encore que c'est les islamistes azerbaïdjanais qui massacrent les pauvres Arméniens !" Dans Agdam, chef-lieu azerbaïdjanais aux portes du Haut-Karabakh, la vieille colère des Azéris contre les Occidentaux ("vendus aux Arméniens") avait, ce jeudi 12 mars, encore de quoi s'alimenter. Pour la première fois, en effet, cette petite ville, d'une dizaine de milliers d'habitants, qui avait longtemps vécu à l'écart des combats, subit, depuis la nuit de mercredi à jeudi, les mêmes bombardements aux roquettes que connaissent depuis de longs mois Stepanakert, l'Arménienne, et Choucha, la dernière localité encore aux mains des Azerbaïdjanais.

Agdam, elle, est à plusieurs kilomètres en dehors de l'enclave du Haut-Karabakh, en "territoire azéri", diraient les Arméniens, au grand dam des Azerbaïdjanais. Pour ces derniers, le Haut-Karabakh est tout autant, et depuis toujours, "terre azérie" que le Bas-Karabakh, dont le chef-lieu est précisément Agdam.

Et pourtant, les Azerbaïdjanais se croyaient, jeudi, menacés de perdre aussi cette ville après avoir dû abandonner, village après village, leurs dernières positions dans l'enclave. Ce jour-là, Agdam n'était plus qu'une ville fantôme abandonnée par sa population et dont les défenseurs armés craignaient d'être eux-mêmes submergés.

La première salve de roquettes est tombée à 3 heures du matin. De l'hôtel du centre-ville, abritant quelques centaines de réfugiés, notamment de Khodjali, on voit deux colonnes de poussière s'élever à quelque 300 mètres au nord et deux lueurs d'incendie, guère plus loin au sud. Réveillés par les explosions, les réfugiés se bousculent et tombent dans l'escalier de quatre étages plongé dans la nuit comme le reste de la ville. De loin, parviennent quelques bruits sourds de tirs d'artillerie : les avant-postes azerbaïdjanais répondent en direction des montagnes enneigées. A l'aube, ce sera la riposte : deux nouvelles salves de roquettes s'abattent sur Agdam.

Bilan de la nuit : une trentaine de blessés et cinq morts, selon Sattar Iagoubov, un jeune chirurgien venu de Bakou. Avec ses collègues, il a accueilli toute la nuit les blessés à l'hôpital de campagne, installé dans un train à la sortie de la ville, au bout d'un chemin boueux. Dirigé par un colonel en grande tenue, médecin et ex-officier d'Afghanistan, cet hôpital des plus sommaires semble pourtant la seule institution un tant soit peu organisée à Agdam.

Partout ailleurs, règnent désordre et démoralisation sur fond de désaccords entre groupes d'autodéfense de diverses obédiences. Et quand, à midi, une troisième série de roquettes s'abat, non loin de là, la panique s'empare des foules de réfugiés et d'habitants désemparés qui contemplent les décombres de la nuit. Une file ininterrompue de voitures, cars et camions se forme immédiatement sur la seule route menant vers l'est, la voie de l'exode. Les familles les plus pauvres partent à pied, de même que des vieilles femmes seules chargées de paquets. "Ils ont peur d'un second Khodjali, la peur d'être pris à leur tour en otage", explique un milicien qui se refuse à condamner leur fuite, comme n'hésitent pas à le faire, la rage dans la voix, d'autres hommes à ses côtés. La place centrale qui était, il y a une heure à peine, encore pleine de réfugiés désoeuvrés et réclamant des armes est désormais vide. Arrive un groupe d'hommes cherchant des renforts pour un poste avancé : les Arméniens, disent-ils, pourraient lancer des opérations de commandos dans la ville.

Les objectifs supposés de ces attaquants éventuels paraissent pourtant bien dérisoires : un "état-major", placé théoriquement sous la direction du pouvoir de Bakou, est installé dans un complexe sportif avec deux vieux tanks dans la cour ; ou, non loin de là, le centre local du Front populaire d'Azerbaïdjan (FPA), la force d'opposition qui a renversé, il y a une semaine, le président Moutalibov (l'ex-dirigeant communiste), sans avoir réussi pour autant à prendre le pouvoir à Bakou où se poursuivent les tractations pour former un gouvernement de coalition.

"Lâcher une bombe atomique"

A Agdam, ce sont des militants du FPA qui s'engagent dans les rangs de la nouvelle "armée nationale". Ce qui explique, selon l'opposition, le peu d'empressement de l'ex-président à la mettre sur pied. Plus grave, ces premières unités, lancées fin janvier dans des opérations hasardeuses contre des positions arméniennes, ont été décimées. Résultat, cette "armée nationale" compterait en réalité, à Agdam, deux cents jeunes au plus, inexpérimentés et mal équipés. Les quarante-deux chars et blindés, pris récemment à l'armée russe par les Azerbaïdjanais, se sont avérés en grande partie inutilisables, comme l'étaient, en tout cas selon des correspondants étrangers, les deux chars déployés dans un avant-poste censé protéger Agdam.

Quant aux caisses de roquettes saisies parallèlement, elles seraient utilisées devant la ville par une seule et unique "katioucha", un engin à tubes multiples et mobiles. C'est suffisant pour bombarder les montagnes des Arméniens, mais tout à fait inefficace pour défendre une ville. L'"état-major" d'Agdam ne semble pas non plus disposer d'hélicoptère. "Si nous en avions, je partirais moi-même au-dessus du Haut-Karabakh pour y lâcher une bombe atomique", lance un des membres de la direction locale du FPA.

Les autres, et notamment le chef, M. Allahverdi Baguirov, ne se permettent pas de tels écarts de langage. Ils répercutent fidèlement la ligne du Front ("Pour faire la paix, prépare la guerre") mais ne savent pas du tout comment l'appliquer. Ils refusent l'alliance qu'avait voulu signer M. Moutalibov avec l'"armée de l'empire russe" (pour le moment celle de la CEI). Mais ils savent, aussi, qu'ils n'acquerront pas de sitôt les forces leur permettant de réaliser le but proclamé par tous : reprendre les villages azéris aux Arméniens et soumettre ces derniers à la loi commune de l'Etat.

Alors, pressés par les réfugiés, ils mènent des négociations par radio avec les Arméniens d'en face pour des échanges d'otages. Début mars, une dizaine de ceux que les Arméniens détiennent depuis la prise de Khodjali (on avance à Agdam le chiffre de six cents) ont été libérés contre quelques "prisonniers de droit commun" (comme on dit à Agdam) réclamés par les Arméniens. Des récits d'horreur sont rapportés par les otages libérés. Un nouvel échange était programmé pour jeudi mais il a été annulé à cause des bombardements, accompagnés d'une reprise des affrontements le long de toute la ligne de front.

Les combats et les bombardements aveugles sur Agdam montrent que les Arméniens ne se contentent pas d'avoir, enfin, occupé tout le Haut-Karabakh, à l'exception de Choucha, mais poursuivent leurs attaques à l'extérieur. Et ceci après que des correspondants étrangers à Agdam ont pu se convaincre que les femmes et les enfants fuyant Khodjali et mitraillés puis abattus à bout portant, les trois têtes scalpées ou les doigts coupés, ne sont pas un produit de la "propagande azérie", mais la triste réalité d'un conflit où la sauvagerie n'est pas l'apanage d'un seul camp.

Le désarroi des Azéris est évident et il sera difficile à tout prétendant au pouvoir à Bakou de faire l'économie de paroles guerrières.

Pourtant, à Agdam, chacun répète que "tout le monde est fatigué de cette guerre". Dans la nuit de jeudi à vendredi, la ville, vidée de ses civils, aurait été de nouveau la cible des roquettes arméniennes.

Voir également : Histoire des Arméniens : élimination de la minorité azérie au Karabagh

Histoire des Arméniens dans le Caucase : le déchaînement de la violence nationaliste arménienne à l'occasion de la décomposition soviétique

L'histoire du Karabakh

Le douloureux problème des réfugiés azéris


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L'épuration générale des minorités ethniques en Arménie
 
La destruction des monuments historiques azerbaïdjanais en Arménie
 
La destruction des monuments culturels azerbaïdjanais de la ville de Shusha, occupée par l'Arménie

Histoire des Arméniens dans le Caucase : un bilan du nationalisme épurateur arménien jusqu'en 1921