lundi 28 mars 2016

Valérie Boyer soutient ouvertement un des plus grands criminels de notre époque




"Quand une délégation de politiques français trouve Bachar Al-Assad « plus détendu »

Le Monde.fr | 28.03.2016 à 12h14 • Mis à jour le 28.03.2016 à 12h16 | Par Matthieu Goar

Une délégation d’une trentaine de personnalités françaises, dont cinq parlementaires du parti Les Républicains (LR), s’est entretenue, dimanche 27 mars à Damas, avec le président syrien Bachar Al-Assad, alors que l’armée syrienne venait d’annoncer la reprise de la ville de Palmyre. Lors de ce voyage, cette délégation a également échangé avec des étudiants de l’université de Damas, s’est rendue à la mosquée des Omeyyades, a assisté à une messe de Pâques à l’église Al-Zeitoun. (...)

Cette fois-ci, il avait choisi de se faire accompagner par Valérie Boyer (Bouches-du-Rhône), Nicolas Dhuicq (Aube), Michel Voisin (Ain), trois élus de la Droite populaire, ainsi que de Denis Jacquat (Moselle). Tous sont des figures de la droite dure sur les questions d’immigration et de sécurité.

Elue dans les Bouches-du-Rhône et maire, Valérie Boyer s’est illustrée à l’Assemblée nationale, mercredi 10 février, en dénonçant les Syriens qui « quittent leur pays au lieu de lutter pour leur liberté (…) alors que nos parents et nos grands-parents sont restés en France pour combattre le nazisme ». Un argumentaire très proche de certaines analyses de Marine Le Pen.
Proches des idées de Vladimir Poutine

« Il est temps de revoir nos alliances et d’arrêter de subir la diplomatie de la menace de la Turquie qui achète du pétrole à l’Etat islamique et laisse passer des djihadistes », a déclaré Mme Boyer après la rencontre avec Bachar Al-Assad. Cet argumentaire apparaît désormais assez classique chez une partie de la droite, de plus en plus proche des idées de Vladimir Poutine et très critique sur les stratégies européenne et américaine dans la zone."


Source : http://www.lemonde.fr/international/article/2016/03/28/quand-une-delegation-de-politiques-francais-trouve-bachar-al-assad-plus-detendu_4891157_3210.html

A rebours de ce qu'avance Valérie Boyer, on sait désormais qu'un chrétien syro-russe, au service du régime d'Assad, est mêlé à un haut niveau aux trafics de pétrole de l'EI. Les Russes ont même admis implicitement, par la diffusion de leur carte (ce qui n'a suscité aucun étonnement et aucune analyse de la part des journalistes français), que le pétrole de l'EI transitait par Qamishli (sous contrôle des YPG et du régime). Un document prouve que le PYD a instauré des droits de douane pour l'essence venant des territoires contrôlés par l'EI (ce qui veut dire qu'il profite financièrement de ce juteux marché). Le PKK-PYD a en outre ses propres circuits de contrebande à travers la frontière turco-syrienne, et il serait contraire à la logique d'y voir une "complicité de l'Etat turc". Quant à la question des djihadistes, les failles sécuritaires du côté de la France et de la Belgique (d'où proviennent de très nombreux suspects aux casiers judiciaires souvent bien remplis) sont alarmantes : si ces pays laissent voyager de tels individus, malgré les informations qu'ils détiennent sur leur compte, la Turquie est encore moins en mesure de les mettre hors d'état de nuire, surtout si lesdits pays négligent les mises en garde des autorités turques. 49 % des pertes des YPG sont composées de volontaires kurdes de nationalité turque (qui ont donc, comme les djihadistes, traversé la frontière). La kamikaze Seher Çağla Demir (ayant perpétré l'attentat contre un arrêt de bus à Ankara, tuant 37 personnes, essentiellement des civils) avait fait un séjour chez les YPG en Syrie.

Boyer affirme encore :

"Valérie Boyer ن Compte certifié ‏@valerieboyer13 22 h

@MarcGral @laprovence @ThierryMARIANI Actuellement qui se bat en #Syrie ? La #Turquie ? Nous devons mener une lutte coordonnées contre Daech"


Source : https://twitter.com/valerieboyer13/status/714065499714428929

Ce qu'a fait la Turquie ? Liste non-exhaustive :

- la Turquie a bombardé (tirs d'artillerie) les positions de l'EIIL (futur EI) dès l'automne 2013, puis encore une fois en janvier 2014 (pour assister l'ASL menacée par l'EIIL) ;
- elle a procuré des armes aux peshmerga d'Irak dès l'été 2014 (révélations de Massoud Barzani lui-même), elle leur a également fourni des soins médicaux et un entraînement militaire ;
- elle a envoyé deux avions-cargos remplis de matériel militaire pour l'armée du régime de Bagdad (mars 2015) ;
- elle a participé activement aux frappes (aériennes et terrestres) de la coalition contre l'EI en Syrie (à partir de juillet 2015) ;
- elle a autorisé les avions français à utiliser la base de Diyarbakir pour des vols de reconnaissance à Raqqa (septembre 2015) ;
- elle a aidé militairement (aviation et tirs d'artillerie) des rebelles (turkmènes et arabes) à reprendre des localités à l'EI dans le nord de la Syrie, en novembre 2015 et en janvier 2016 ;
- elle a détenu 913 pro-EI (dont 18 Français) au cours de la seule année 2015 ;
- elle a repoussé une attaque de l'EI à Bachika, dans le nord de l'Irak (janvier 2016).

Pas plus tard que samedi dernier, une attaque (à la roquette) de l'EI a tué un soldat turc et en a blessé un autre dans la région de Mossoul, mais évidemment les politiciens de l'espèce de Boyer n'en ont cure.

Valérie Boyer soutient donc le régime d'Assad, qui a un énorme palmarès en matière d'atrocités et de crimes de masse :
- répression sanglante des manifestations pacifiques du printemps 2011 qui a déclenché la guerre civile, dont l'immense majorité des pertes humaines sont dues au régime (cf. la FIDH) ;
- torture généralisée (y compris sur des enfants) ;
- 4 millions de réfugiés, 8 millions de déplacés, en majorité sunnites (conséquences d'une véritable stratégie de "nettoyage politico-ethnique" de la part du régime) ;
 - 87 % des massacres confessionnels commis en Syrie le sont par les forces d'Assad (cf. le rapport de SNHR), dont celui de Banias (300 sunnites massacrés) ;
- bombardement au gaz sarin de la Ghouta (400 morts) ;
- bombardements aux barils d'explosifs ;
- siège du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk et blocus alimentaire de Madaya (avec l'aide du Hezbollah libanais).

Entre les propositions de lois mémorielles et liberticides de Boyer, et sa défense convulsive d'un régime pareil, il y a une ligne directrice : des "croisades" au nom de la "protection des minorités", qui s'accompagnent d'un mépris absolu pour les droits, les intérêts et les souffrances des majorités. On mesurera la pertinence de l'opinion de Boyer sur la décomposition de l'Empire ottoman (il y a un siècle), à l'aune de sa négation de la profusion de crimes commis par Assad et ses alliés (ces cinq dernières années). A quand une loi Boyer pour censurer et incarcérer ceux qui s'intéresseraient à l'histoire du régime des Assad ?

Par ailleurs, il est toujours piquant de voir des gens qui n'ont que "négationnisme" à la bouche exhiber leur proximité avec un régime qui a :
- couvert et embauché Alois Brunner (officier SS en charge de la déportation des Juifs dans plusieurs endroits pendant la Seconde Guerre mondiale, dont la France) ;
- entretenu des liens avec le banquier suisse François Genoud (ami du terroriste-mercenaire Carlos, auquel il a rendu plusieurs fois visite à Damas) et le néo-nazi allemand Odfried Hepp (agent de la Stasi, il est passé par les camps d'entraînement de la Bekaa, et a séjourné 6 mois en Syrie alors qu'il était recherché par les polices ouest-allemande et française) ;
- nié le génocide juif (notamment via le journal baasiste Tishreen)
- soutenu Roger Garaudy (membre d'honneur de l'Union des écrivains arabes de Syrie, qui lui a rendu hommage à sa mort) ;
- noué une alliance avec le PSNS (parti nazifiant à croix gammée, fondé par le Libanais grec-orthodoxe Antoun Saadé) au Liban et en Syrie, le PSNS fournit des volontaires aux Shabiha (milices pro-Assad) et qualifie les rebelles de "Juifs de l'intérieur" (ambiance...).

Sur Valérie Boyer : Le "modèle" répressif arménien et dachnak importé en France par Valérie Boyer

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L'aveu de l'assistante parlementaire de Valérie Boyer : "Il y a très peu d’informations sur le sujet [du "génocide" des Assyro-Chaldéens]"

Voir également : Le député PS Jean-Marc Germain (vice-président du groupe d'amitié France-Arménie) a rencontré un des leaders du Hezbollah au Liban

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