mercredi 1 avril 2020

Le vaste réseau paramilitaire de la FRA-Dachnak dans l'Anatolie ottomane




M. Warandian (Mikaël Varandian, idéologue de la FRA-Dachnak), Rapport présenté au Congrès Socialiste International de Copenhague par le Parti Arménien “Daschnaktzoutioun”. Turquie-Caucase-Perse, Genève, 1910 :

"Une section de l'Internationale s'est créée dans la Turquie d'Asie, en Arménie.

Elle est représentée par le même parti arménien qui est connu sous le nom de « Daschnaktzoutioun » (Fédération) et dont la portion transcaucasienne était déjà représentée au Congrès de Stuttgart, dans la sous-section s. r. [socialiste-révolutionnaire] Russe.

Un rapport sommaire, présenté au Congrès de Stuttgart, indiquait les principes de cette organisation qui date de 20 ans et dont les comités couvrent actuellement d'un vaste réseau toutes les trois parties de notre pays : l'Arménie turque, l'Arménie russe et l'Arménie persane.

Nous avons à retracer maintenant l'activité du parti depuis 1907, en nous arrêtant particulièrement sur la situation et sur notre œuvre en Turquie." (p. 3-4)

"Dans l'Arménie turque, même caractère populaire d'organisation. Dans les provinces de Bitlis et de Van, les deux grands vilayets arméniens, nous avions jusqu'en 1908 sous notre drapeau, toute la population paysanne et valide, organisée en groupes politiques. (Les groupes politiques subsistent encore de nos jours mais leur nombre est réduit).

Ces groupes étaient exercés pour la défensive et pour l'offensive. Dans chaque village, le parti choisissait 5-8 personnes de confiance, les plus expérimentées et les plus courageuses — souvent dans l'âge de 45 à 50 ans — et les chargeait de la haute surveillance. C'était la bande mobile ou volante qui avait pour tâche de subvenir aux multiples besoins des fidaïs, les transporter de lieu en lieu, assurer leur évasion en cas de poursuite et courir à l'aide des villages voisins particulièrement menacés par les hordes kurdes.

Il y avait à côté de cette bande mobile, d'autres groupes dans chaque village :

1. Groupe militant, au nombre de 30 à 50 hommes, chargé de rester toujours dans l'intérieur du village, pour le défendre en cas d'attaque.

2. Groupe auxiliaire ou « financier », chargé de trouver les ressources matérielles.

3. Groupe militaire, pour procurer des armes.

4. Groupe de femmes, chargé spécialement d'assurer le transport des lettres, la correspondance entre les différentes localités.

De cette façon était organisée toute la population arménienne sur la vaste plaine de Mousch, environ 100 villages de même à Sassoun, à Vaspourkan et ailleurs.

Jusqu'en 1908, l'activité de notre parti, en Turquie, s'exerçait clandestinement et nuitamment, les camarades n'osant pas sortir dans la journée. Le transport d'armes, la propagande, l'armement de la population, les exercices de tir, tout se passait à la faveur de la nuit.

Cette activité était donc essentiellement politique et révolutionnaire.

Elle continue aujourd'hui, mais ouvertement. Dans tous les centres de l'Arménie turque, ainsi que dans d'autres localités de l'empire, habitées par les Arméniens, notre parti a ses bandes de « fidaïs », dont le but unique est de veiller à ce que la réaction ne relève pas la tête." (p. 25-27)

Source : https://drive.google.com/file/d/0B4Gb2XfHGR0HMGE4OTg1MjAtN2RmYi00Y2I3LTk1ZTEtZTNmMjNhNmM5MjY4/view

Voir également : La déportation des Arméniens de 1915 : une réponse contre-insurrectionnelle
 
Les sources documentaires ottomanes et russes démentent les mensonges de Taner Akçam
 
La dépopulation des arrières du front russo-turc durant la Première Guerre mondiale

1914-1915 : la volonté de collaboration de la FRA-Dachnak avec l'Entente et contre l'Empire ottoman

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La position équivoque des Arméniens, notamment dachnaks, durant les Guerres balkaniques (1912-1913)
 
1912-1914 : la réactivation du thème de l'"autonomie arménienne" et les velléités de la Russie tsariste sur les vilayet d'Anatolie orientale

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