jeudi 22 octobre 2020

Atrocités arméniennes : une réalité admise par les Allemands contemporains (en public et en privé)



Otto Liman von Sanders (général ayant commandé les forces ottomanes à Gallipoli), Five Years in Turkey, Annapolis, US Naval Institute, 1927, p. 157 :


"Le motif de l'expulsion était souvent fourni par les Arméniens rejoignant les Russes et par les nombreuses cruautés contre la population mahométane dont ils se sont rendus coupables.

Dans l'exécution des expulsions, nombre de cas terribles et condamnables de cruauté peuvent sans aucun doute être imputés aux fonctionnaires subalternes dont la haine et la rapacité personnelles ont donné aux mesures ordonnées d'en haut, un durcissement qui n'était pas prévu. Dans ces régions du Caucase, les fonctionnaires turcs inférieurs et, surtout, la gendarmerie turque, sur qui retombait l'exécution de l'expulsion en premier lieu, n'étaient certainement pas au courant des conceptions de la civilisation européenne."


Heinrich Bergfeld (consul allemand à Trabzon), rapport à Theobald von Bethmann Hollweg (chancelier impérial d'Allemagne), 9 juillet 1915, DE/PA-AA/R14086 :

"Après l'entrée en guerre de la Turquie, les Arméniens locaux ont commencé à craindre le pire pour leur sécurité personnelle. Bien qu'il n'y ait eu aucun signe d'excès imminents, j'ai tout de même évoqué devant le vali local, de manière amicale, la question de la protection des chrétiens de Trébizonde et des environs. Il m'a donné les assurances les plus précises que rien ne serait entrepris contre eux tant qu'ils se comporteraient eux-mêmes pacifiquement et il m'a montré un télégramme du ministre de l'Intérieur dans lequel Talaat Bey recommandait que les Arméniens se voient accorder une protection spéciale par les autorités. En effet, les chrétiens ici jouissaient de la plus grande sécurité au début et les perquisitions de maisons, qui étaient nécessaires dans les maisons de certains Arméniens, ont été effectuées avec les plus grands égards, comme les Arméniens eux-mêmes me l'ont assuré. Cela mérite d'autant plus d'être reconnu que les Arméniens russes sur la côte se battent dans des bandes, non seulement contre les Turcs, mais ils ont également provoqué de graves excès contre les musulmans russes. Des milliers de musulmans, les fuyant, sont arrivés ici entre-temps et ont été transportés à l'intérieur du pays. Leurs récits de souffrance suffisent à dresser même les non-musulmans contre les Arméniens russes.

Les chrétiens ont mal récompensé le traitement impartial dont les Turcs ont fait preuve à leur égard. Ils n'ont pas caché leur aversion pour la Turquie et leurs sympathies pour l'Entente, en particulier pour la Russie. Ils sont à blâmer pour les rumeurs les plus ridicules qui circulent ici, comme la chute des Dardanelles, de Constantinople, d'Erzerum, le débarquement russe près de Midia ou encore la fuite du sultan à Broussa. Puis vint la révélation du complot contre le système jeune-turc et ses dirigeants, la révolte des Arméniens dans la province de Van et les troubles qu'ils provoquèrent ailleurs en Turquie. Cela a probablement incité la Sublime Porte à prendre des mesures exceptionnelles contre les Arméniens."

Source : http://www.armenocide.net/armenocide/armgende.nsf/$$AllDocs/1915-07-09-DE-002
 

Le lieutenant-colonel Stange (qui a commandé un détachement d'irréguliers, comprenant des Arméniens, sur le front russo-ottoman), rapport à la mission militaire allemande à Istanbul, 23 août 1915, DE/PA-AA/BoKon/170 :

"Le déplacement des Arméniens de la zone de guerre autour d'Erzerum était légalement autorisé et est justifié comme une nécessité militaire. En effet, les Arméniens dans différentes zones se sont révélés peu fiables. Avec le soutien de la Russie, il y a eu des révoltes et des actes de violence contre la population musulmane, par ex. près du lac de Van, à Bitlis, à Much. Parfois, des fils télégraphiques ont été coupés et il n'y a pas seulement quelques cas d'espionnage. En revanche, la population arménienne d'Erzerum était restée complètement calme jusqu'à ce stade. On ne peut pas déterminer avec certitude, à l'heure actuelle, s'ils seraient restés aussi tranquilles si les Russes s'étaient avancés et s'étaient approchés d'Erzerum, par exemple."

Source : http://www.armenocide.net/armenocide/ArmGenDE.nsf/$$AllDocs-de/1915-08-23-DE-013

Le général Friedrich Bronsart von Schellendorf (chef de l'état-major de l'armée ottomane), notes marginales dans le rapport de Max Erwin von Scheubner-Richter (consul allemand à Erzurum) à Hans von Wangenheim (ambassadeur allemand à Istanbul), 20 mai 1915, DE/PA-AA/BoKon/169 :

"1 Le meurtre de plus de 4.000 Turcs par des bandes arméniennes près de Van est bien plus embarrassant !

2 Nous ne pouvons pas aider une population qui est impliquée dans une dangereuse rébellion contre le gouvernement turc."

Source : http://www.armenocide.net/armenocide/armgende.nsf/$$AllDocs-de/1915-05-20-DE-001


"Levant", L'Asie française, n° 172, janvier-avril 1918, p. 44-45 :


"Nouvelles menaces contre les Arméniens. — Nous avons signalé dans notre résumé des opérations de guerre en Orient les menaces nouvelles qui apparaissent contre les Arméniens depuis l'effondrement de la Russie bolchevike et la réoccupation d'une partie des provinces arrachées à la Turquie par les armées du général Youdénitch, et même la marche en avant des Turcs dans les districts du Sud-Ouest de la Transcaucasie.

Il semble que les Turcs aient voulu se justifier d'avance de nouveaux massacres. En février et au commencement de mars, à plusieurs reprises, des communiqués ont été publiés par eux pour signaler les atrocités arméniennes dont les éléments musulmans sont victimes. C'est ainsi qu'un communiqué publié à Constantinople le 4 février et reproduit quelques jours après par la presse allemande, y compris le Worwaerts [journal social-démocrate qui justifiera plus tard l'assassinat de Talat par le terroriste et menteur Soghomon Tehlirian], sans aucun commentaire désagréable, était ainsi conçu :

Profitant du commencement de l'évacuation du territoire occupé par les troupes turques, les indigènes arméniens et les Arméniens appartenant aux unités russes ont déserté, emportant leurs armes avec l'intention de rester en arrière dans les territoires occupés. Ils commencent à persécuter les habitants de descendance ottomane et en particulier l'élément musulman. Ces faits ont été définitivement confirmés par les prisonniers de guerre turcs qui ont été capables de rejoindre nos lignes et aussi par des personnes appartenant à la population indigène et qui ont réussi à échapper aux griffes des Arméniens. La chose nous a été encore confirmée par une députation qui nous a été envoyée pour nous demander secours pour les habitants qui n'ont pas encore pu échapper aux persécutions arméniennes et restent exposés à toute leur fureur.


Et le communiqué terminait en publiant une liste d'atrocités soi-disant arméniennes.

Quelques jours plus tard, la Gazette de Cologne déclarait :

On assure que les Arméniens se sont rendus coupables des pires atrocités contre des mahométans sans défense. Tous ceux qui ont appris sur place, quel est l'antagonisme entre les deux religions, antagonisme qui a éclaté périodiquement depuis des dizaines d'années et qui est dû dans une large mesure à des influences étrangères, ne peut avoir aucun doute en ce qui concerne la véracité de ces rapports. La Russie avait formé des contingents arméniens dans les territoires frontières, et bien que les perspectives de la lutte soient peu engageante, ces contingents ne veulent pas se réconcilier avec le rétablissement de la domination ottomane. Ainsi toutes les horreurs d'une guerre religieuse immolent les habitants de ce pays et font de celui-ci un désert.


La conclusion de la Gazette de Cologne était que tout le mal venait de ce que la domination turque dans ce pays n'avait jamais dépassé l'enceinte des villes, que le pays était livré aux Kurdes et que la sécurité des Arméniens était attachée à ce que le règne des Turcs devînt effectif en Arménie.
"


Note du ministère des Affaires étrangères allemand, 19 mars 1918, DE/PA-AA/R14099 :


"Lorsque, après la conclusion du cessez-le-feu de Brest-Litovsk, la possibilité d'une évacuation des provinces de l'Anatolie orientale, occupées à l'époque par les Russes, est devenue imminente, nous avons immédiatement contacté les hommes d'Etat turcs sur la question du traitement des Arméniens et leur avons dit combien il était important, dans l'intérêt de la Turquie, et également pour ses relations avec ses alliés, que lors de la rentrée des troupes turques, les attaques contre le peuple arménien soient évitées et que les fondations pour une relation pacifique entre les éléments chrétiens et musulmans soient posées dès le début. Le ministre des Finances [Cavit Bey] et le ministre des Affaires étrangères [Ahmet Nesimi Bey], avec lesquels des entretiens avaient eu lieu à cet effet en janvier, lors de leur séjour à Berlin, ont montré leur pleine compréhension et ont également déclaré qu'ils étaient fondamentalement d'accord pour qu'après la reprise de l'Anatolie orientale, des organisations caritatives allemandes prennent soin des Arméniens là-bas.

Au début du mois de février, la nouvelle s'est répandue que les troupes russes s'étaient retirées d'Anatolie orientale mais que, dans la région qu'elles avaient quittée, des bandes arméniennes s'étaient formées sous la direction d'officiers anglais et probablement français, et faisaient des ravages encore pires que les bandes bolcheviques dans les provinces baltes.
Les détails de leurs méfaits ont été publiés par les services télégraphiques turcs officiels. Dans de nombreux cas, cette nouvelle n'a pas été crue dans d'autres pays et a été comprise comme signifiant que le gouvernement turc essayait de trouver à l'avance des excuses pour ses actes délibérés et impitoyables contre les Arméniens. Il n'y a aucune justification pour ce point de vue. Bien que d'autres messages télégraphiques du Caucase aient réussi à pénétrer d'autres pays, jusqu'à présent aucun journal ennemi ou neutre n'a publié d'informations sur les excès de la Turquie. Même le Comité suisse de secours pour l'Arménie n'a pas reçu un tel message. Un télégramme du groupe genevois des socialistes arméniens au Bureau international socialiste de Genève, qui relate de nouveaux massacres turcs à la suite de l'évacuation du pays par les Russes, n'est pas basé sur des rapports réels, mais apparemment uniquement sur des appréhensions. Les craintes sont tout à fait compréhensibles au vu des événements de 1915 et de la rage, que les dernières atrocités des bandes arméniennes doivent provoquer chez les Turcs. Le gouvernement allemand n'a donc laissé passer aucune occasion de rappeler au gouvernement turc l'importance de la question arménienne et a fait certaines suggestions sur la manière d'éviter de nouvelles effusions de sang et de rétablir des conditions de paix à long terme. En particulier, il a fortement recommandé que les troupes qui avancent soient maintenues sous un strict contrôle disciplinaire, qu'il soit ordonné aux bandes arméniennes de se soumettre volontairement, qu'elles obtiennent l'amnistie si elles le font, qu'une considération égale soit accordée aux Arméniens et aux musulmans pendant la campagne de secours prévue pour les provinces d'Anatolie orientale, en outre, que le retour de ceux qui ont été exilés dans les provinces intérieures de l'Empire soit au moins réglé et initié, dans la mesure où un tel retour n'est pas possible pour le moment en raison des problèmes actuels de transport. Le gouvernement turc a au moins montré sa volonté d'examiner de telles propositions. Après les assurances contraignantes que le grand vizir, le ministre des Affaires étrangères et son représentant, Halil Bey, ont données au chancelier, au secrétaire d'Etat von Kühlmann et à l'ambassadeur impérial, nous sommes en droit d'être confiants quant au fait que le gouvernement a décidé de montrer de la clémence envers les Arméniens, ne tiendra pas la population non impliquée responsable des atrocités commises par les bandes, et saura éviter des événements similaires à ceux qui se sont produits en 1915. La proclamation imminente d'une amnistie a été approuvée."

Source : http://www.armenocide.net/armenocide/armgende.nsf/$$AllDocs-de/1918-03-19-DE-001


"Le Reichstag approuve les traités", Le Journal, 24 mars 1918, p. 3 :


"Le vice-chancelier von Payer annonce que « la députation de Lithuanie arrive demain à Berlin. Il faut s'attendre d'ici peu à la déclaration de l'indépendance de la Lithuanie. L'organisation politique des pays de la Baltique sera ensuite leur affaire. » Au sujet de la Pologne, l'orateur déclare que « l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie sont prêtes à aider les efforts des milieux polonais respectés cherchant à assurer le développement de leur pays avec la collaboration des empires centraux. L'Allemagne est également disposée à établir sur des bases plus larges la représentation populaire de la Pologne, à développer l'administration civile indigène et enfin à conclure aussi vite que possible les accords nécessaires entre les deux pays. Plusieurs obstacles ont été surmontés depuis novembre 1917. Il en subsiste encore, mais il n'est pas impossible d'en venir à bout. »

Après von Payer, le rapporteur [le social-démocrate Philipp Scheidemann] a constaté que la Livonie et l'Esthonie sont encore soumises à la souveraineté de la Russie.

Le rapporteur passe ensuite à la question arménienne. Le gouvernement ottoman s'est engagé, vis-à-vis du gouvernement allemand, à traiter les Arméniens avec douceur, à faire observer une stricte discipline par les troupes, et à ne pas rendre la population entière responsable d'excès commis par quelques individus isolés [pas si isolés que cela, cf. la situation à Erzurum].

Finalement, les traités de paix sont adoptés. Les socialistes indépendants ont voté contre. Les socialistes majoritaires se sont abstenus. Après l'allocution de clôture du vice-président, M. Paasche, le Reichstag est ajourné au 16 avril."

 

Le lieutenant Eisenmann (représentant du colonel Friedrich Kress von Kressenstein à Erevan), annexe 8 du rapport de Kress von Kressenstein (chef de la délégation allemande dans le Caucase) à Maximilian von Baden (chancelier impérial d'Allemagne), 30 octobre 1918, DE/PA-AA/R11063 :

"Erivan, 13 septembre 1918.

Un certain nombre de plaintes contre les Arméniens ont été reçues de la part des Tatars [Azéris]. Celles-ci montrent clairement que les Arméniens, dès qu'ils sont au pouvoir, commettent également des hostilités et des atrocités contre les musulmans. Le massacre des Arméniens par les Tatars est suffisamment connu ; le massacre des Tatars par les Arméniens est bien moins connu.

[Eisenmann]
Lieutenant"

Source : http://www.armenocide.net/armenocide/armgende.nsf/$$AllDocs-de/1918-10-30-DE-002

 

Sur les archives allemandes : Les Arméniens et la pénétration allemande en Orient (époque wilhelmienne)

Les sources documentaires ottomanes et russes démentent les mensonges de Taner Akçam

Tahsin Bey : protecteur des Arméniens, homme de confiance de Talat Paşa et membre de l'Organisation Spéciale

Cemal Azmi Bey et les Arméniens

Première Guerre mondiale : les efforts pour ravitailler et aider les déportés arméniens

Ali Fuat Erden et Hüseyin Hüsnü Erkilet : d'une guerre mondiale à l'autre

Sur les nombreuses exactions arméniennes en 1914-1916 (notamment confirmées par les archives russes) : Les volontaires arméniens de l'armée russe : des criminels de guerre

Le massacre massif des Kurdes par les Arméniens de l'armée russe durant la Première Guerre mondiale
 

Le massacre des Kurdes par les Arméniens et Assyriens

Les massacres arméno-russes de musulmans en Anatolie

 
La dépopulation des arrières du front russo-turc durant la Première Guerre mondiale

Les atrocités des insurgés arméniens en Anatolie orientale (avant les déportations de 1915)

En 1917-1921 : Le général Vehip Paşa (Vehib Pacha) et les Arméniens

Les combattants arméniens à Erzurum (1918) : lâcheté et massacres de civils

Ce que cache le pathos sur les "Arméniens cachés" (expression ridicule puisqu'il s'agit de descendants partiels d'orphelins arméniens)

Les massacres de musulmans persans à Ourmia (1918)

Histoire des Arméniens : massacre de la population azérie à Bakou